Les maraîchers Jérémie et Émilie Chazal pratiquent le circuit court

Source : La Montagne – 16 octobre 2013

Tous les vendredis, dans la boutique associative qui jouxte leur ferme, Émilie et Jérémie Chazal parlent légumes et qualité avec leurs clients. - GÃ?©raldine SellÃ?¨s

Tous les vendredis, dans la boutique associative qui jouxte leur ferme, Émilie et Jérémie Chazal parlent légumes et qualité avec leurs clients.

De la route, on aperçoit d’abord les grandes serres. Puis un panneau à l’entrée d’un chemin, qui indique la présence d’une boutique. Une boutique en rase campagne ? C’est le pari qu’ont fait Jérémie et Émilie Chazal en s’installant en maraîchage bio dans une ferme de « La Baraque », à Frugières-le-Pin, il y a trois ans.

« L’idée de fond,
c’est de développer la demande
pour le bio »

Pour le couple, le choix de vendre leur production sans intermédiaire s’est imposé comme une évidence. « Dans le maraîchage, soit tu plonges dans l’industrie, soit, si tu as peu de moyens humains, la meilleure solution, ça reste la vente directe », résume Émilie Chazal.

Un maraîcher qui veut écouler ses légumes, produits fragiles et périssables s’il en est, se tourne fort logiquement vers les étals du marché. « Mais quand on est arrivés, il y avait déjà trois maraîchers bio au marché de Brioude », raconte Jérémie. Hors de question, pour eux, de faire concurrence à ceux qui sont déjà installés. « On ne voulait pas casser le marché des autres. Ici, il y a de la demande pour le bio, mais elle n’est pas si énorme que ce qu’on pourrait croire. Notre idée de fond, c’est de développer cette demande », assure Émilie. Sans attendre, ils montent dès la première année un magasin associatif

Pour les Chazal, il est important que les clients puissent conserver une liberté d’achat. C’est pour cela qu’ils ont choisi de ne pas intégrer une AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne). Au système du contrat qui lie le client au producteur, ils ont préféré celui de paniers libres, à commander sur Internet et qu’ils livrent chaque semaine à Clermont-Ferrand et La Chaise-Dieu. Préférant ne pas mettre tous leurs légumes dans le même panier, ils travaillent aussi avec des restaurateurs. « Certains viennent parfois se promener dans les rangées du jardin, pour s’inspirer des légumes du moment », sourit Émilie.

Jamais à court d’idées pour valoriser leur production, les maraîchers ont construit cet été un laboratoire pour réaliser des conserves. À partir de leurs légumes, ils confectionneront des soupes, des coulis de tomates et de la pâte de piment. Le bâtiment, ils l’ont bâti de leurs mains. « En auto-construction et en autofinancement », précise Émilie. La liberté et l’autonomie, toujours…

Géraldine Sellès

 

 

 

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