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Agroécologie

Quelles sont les différences entre l’agriculture conventionnelle et l’agroécologie ?

 

 L’agroécologie comme mouvement (source : wikipedia)

Le « mouvement de l’agroécologie » est intimement lié à la pratique agroécologique puisque c’est par ce mouvement que se justifie le choix de telles pratiques. Néanmoins, la pratique agroécologique est devenue un mode de production agricole qui fait l’objet d’étude et se développe indépendamment de toutes considérations autres qu’agronomiques, à l’image des travaux menés dans ce domaine par le CIRAD et l’INRA.

pierre-rabhi

En France, Pierre Rabhi est un représentant de ce mouvement qui prône le respect des écosystèmes et intègre les dimensions économiques, sociales et politiques de la vie humaine. Il s’agit d’une démarche qui vise à associer le développement agricole à la protection de l’environnement. Ses objectifs principaux sont de faire évoluer l’agriculture à orientation quantitative vers une agriculture qualitative impliquant un renouvellement des buts et des moyens.

Les tenants de ce mouvement se défendent d’une approche purement technique, mais prônent une approche globale basée sur la reconnaissance des  savoirs et savoir-faire paysans.

 

 

L’agroécologie comme pratique agricole

Les moyens

Les moyens principaux de la pratique de l’agroécologie sont :

  • La fertilisation se fait au moyen des engrais verts et du compostage. Il s’agit d’une véritable nourriture pour les sols. Ces moyens, peu coûteux, peuvent être utilisés par les paysans les plus pauvres.
  • Sélection des variétés les plus adaptées aux terres cultivées, espèces locales reproductibles localement qui permettent une véritable autonomie.
  • Économie et optimisation de la consommation d’eau et de l’irrigation par une meilleure compréhension de l’équilibre terre/eau.
  • Reboisement des terrains non utilisés pour produire des sources de combustibles, une pharmacopée naturelle, l’art et l’artisanat, la nourriture humaine et animale, la régénération des sols.
  • Réhabilitation des savoir-faire traditionnels et à la gestion écologique économique.

Les applications

Un outil de développement rural dans les pays pauvres

L’agroécologie représente une vraie alternative aux systèmes de production dit conventionnels dans les pays en développement. En effet, en mettant l’accent sur l’équilibre durable du système sol-culture elle permet une réduction des apports d’intrants à long terme. La prise en compte de cet équilibre entraîne aussi une meilleure capacité de résistance des cultures aux conditions difficiles : épisodes de sécheresse, pression des adventices, sols appauvris, conditions fréquentes dans les pays en développement, notamment sur le continent africain4.

Exemple : Le Programme de Promotion des Revenus Ruraux ou PPRR5, projet du FIDA à Madagascar, soutient à travers le financement de microprojets les exploitants ayant choisi d’appliquer les principes de l’agroécologie sur leur ferme (voir le témoignage vidéo d’un paysan malgache dans les liens externes).

Un outil de revitalisation des sols cultivés avec pesticides

Selon un certain nombre de scientifiques, les sols, dans de nombreux pays du monde, seraient morts6. La sur-utilisation des pesticides et la culture intensive en sont les causes.

Pour endiguer cette mort des sols, Le compost et le fumier peuvent être répandus sur les sols mais les produits chimiques doivent être interdits. Enfin, les variétés de légumes hybrides sont plus fragiles que les anciennes variétés de nos grands-mères, qui demandent moins d’irrigation. Celles-ci, bien associées avec d’autres plantes ou arbres, légumes, fruits ou condiments, sont parfaitement rentables et leur croissance est même plus forte que les hybrides. Les besoins en pesticides sont alors nuls et en irrigation beaucoup moins importants6.

L’agroécologie comme discipline scientifique

L’agroécologie est également une discipline scientifique émergente. Elle a pour objet l’étude des agroécosystèmes.

Miguel Altieri de l’université de Berkeley est un pionnier de cette discipline et est régulièrement sollicité par le PNUE.

De plus, des différents types d’enseignement (master, semestre d’approfondissement) ont été mis en place, ou sont en train de se constituer.

Miguel Altieri en propose cette définition (1995) : « L’agroécologie est la science de la gestion des ressources naturelles au bénéfice des plus démunis confrontés à un environnement défavorable. Cette science, de nature biophysique au sens large, porte ainsi sur l’accumulation de connaissances sur les fonctionnements des écosystèmes (cultivés). Elle conduit à la conception, à la création et à l’adaptation sous la forme participative de systèmes de culture complexes productifs et par suite attractifs malgré un milieu défavorable et malgré un recours très faible aux intrants… »

 

La situation en  Auvergne

Focus sur la situation auvergnate : Extrait de la conférence régionale de 5 fev 2013 de Marmilhat. En Auvergne, les surfaces cultivées en bio, représentent  3,1% des surfaces agricoles, contre 3,6 % à l’échelle nationale. Les marges de progressions sont énormes et la demande progresse.

Agriculture Biologique : lancement du pôle de conversion Bio en Auvergne

voir le site : conversion bio

A l’occasion de la Conférence Régionale Agriculture Biologique du 5 février à Marmilhat, le Président de la Région, René Souchon a insisté sur l’importance de la mise en place en Auvergne d’un  » pôle de conversion bio  »

10 Régions en France ont déjà mis en place cet outil. L’objectif est d’améliorer la coordination entre les acteurs de la Bio. Toutes les organisations en charge du conseil aux agriculteurs participeront à ce « pôle », notamment les Chambres départementales et régionale d’agriculture, Auvergne Biologique, les GAB (Groupement départementaux d’Agriculture Biologique) et le nouveau GRAB (Groupement Régional d’Agriculture Biologique).

Un site internet, un numéro vert seront mis en place pour centraliser les demandes des agriculteurs conventionnels qui souhaitent des renseignements sur les modes de productions bio, les démarches pour passer en bio, la législation.

 

Pour gagner en efficacité, René Souchon a proposé la création d’une association où toutes les parties prenantes de la bio en Auvergne, en particulier les Chambres d’agriculture, seront impliquées et dont la mission sera de mettre en place ce « pôle ». Cette association sera temporaire : une fois la dynamique lancée, une autre structure portera le pôle. Le dialogue, l’échange, la recherche du consensus et surtout la confiance doivent être aujourd’hui les maîtres mots pour que l’agriculture biologique se développe en Auvergne.

800 exploitations auvergnates produisent actuellement selon le cahier des charges de l’agriculture biologique. Elles représentant 3,1% des surfaces agricoles, contre 3,6 % à l’échelle nationale. Pour René Souchon, « l’objectif de 1 000 exploitations Bio doit être franchi rapidement et même dépassé ».

Le budget de la Région consacré à l’agriculture biologique s’établit à 1 million d’euros pour 2013. Dans ce budget, 350.000 € seront consacrés au co-financement de 8 nouveaux postes pour l’animation de la filière biologique, le conseil technique aux agriculteurs, l’animation du « pôle de conversion ».