Vous êtes ici : Collectif Ecocitoyen du Brivadois» Presse » Archives articles presse

Archives articles presse

L’appel à l’accès au foncier lancé par le CECB  ( la ruche,  juillet 2016)

Dans la continuité de notre point presse du 23 juin 2016

Article ci dessous

Appel-foncier-cecb-juil2016

Une conversion bio ( La ruche , Juillet 2016)

Face à la crise laitière, la famille Chantel (Veille Brioude) a fait  le choix de passer au Bio..

Article ci dessous

chantel-juillet-2016

Les fonds Leader, comment ça marche ?

Source :  La Montagne du 20/6/2016

Lors du précédent programme Leader 153 dossiers de demande avaient été déposés. Au fil des années, plusieurs projets ont bénéficié de ces aides, dont le plan d’eau biologique de Saugues.? - Photo d’archives A. Aubry

Lors du précédent programme Leader 153 dossiers de demande avaient été déposés. Au fil des années, plusieurs projets ont bénéficié de ces aides, dont le plan d’eau biologique de Saugues.? – Photo d’archives A. Aubry

Il existe plusieurs types d’aides européennes. Le Pays de Lafayette est en charge d’un programme Leader pour 2016-2022. Petits éléments pratiques pour qui souhaiterait en bénéficier.

L’Europe met à disposition du territoire du Pays de Lafayette, dans le cadre des fonds Leader (Liaison entre actions de développement de l’économie rurale), 3,7 millions d’euros pour un programme s’étalant de 2016 à 2022. Une enveloppe de subvention un peu plus orientée, cette fois-ci, en direction des privés et gérée par le Groupement d’action local (Gal) Lafayette. L’objectif principal du programme étant « Maintenir et attirer des jeunes actifs et des entrepreneurs pour construire un nouveau monde. » Quelques clefs pour mieux comprendre les fonds Leader.

Pour qui ? Ces fonds Leader sont destinés aux petites et moyennes entreprises (PME) au sens communautaire (moins de 250 salariés, chiffre d’affaires inférieur à 50 millions d’euros et bilan annuel inférieur ou égal à 43 millions d’euros), aux collectivités territoriales et leurs groupements (communes, communautés de communes, Pays, syndicats mixtes…), aux organismes consulaires, aux offices de tourisme, aux syndicats professionnels, aux établissements publics et privés d’enseignement, aux associations loi 1901, aux bailleurs disposant d’un numéro Siret, aux Ehpad et Ehpa. Tous les bénéficiaires potentiels doivent se trouver sur le périmètre géographique incluant les communautés de communes suivantes : Auzon communauté, Brivadois, Plateau de la Chaise-Dieu, Langeadois, Pays de Blesle, Paulhaguet, Ribeyre Chaliergue et Margeride et Pays de Saugues.

Quelles actions ? Les fonds Leader sont attribués à des actions répondant à l’objectif principal du programme. Elles doivent pour cela pouvoir être incluses dans l’une des 8 fiches suivantes : « Attirer et maintenir des jeunes actifs et des entrepreneurs » ; « écotourisme et tourisme de patrimoine » ; « valorisation des ressources locales » ; « préserver et valoriser les patrimoines » ; « faire rayonner les centre-bourgs et les activités présentielles », « innover dans les services, la culture et les loisirs » ; « coopération interterritoriale et transnationale » et « animation, gestion et évaluation du programme ».

Globalement, ces actions doivent répondre aux besoins du territoire ou le mettre en valeur et avoir un côté innovant.

Pour quoi ? Plusieurs types de dépenses sont éligibles à des subventions Leader. Au registre immatériel, il y a les frais d’études, de prestations de services, d’honoraires, d’ingénierie, de formation, de communication, d’information, de sensibilisation et de développement numérique. Au titre des dépenses matérielles, ces fonds européens peuvent être mobilisés pour des acquisitions immobilières (limité à 10 % du projet) mais aussi des travaux et des dépenses en équipements (le renouvellement de matériel ou d’équipement n’est pas pris en charge).

Combien ? Pour obtenir une subvention Leader, un projet doit obligatoirement bénéficier d’un cofinancement public (sauf un projet porté par un organisme public). Pour chaque euro de ce cofinancement, 4 € européens peuvent être versés. En terme de pourcentage, un projet ne rentrant pas dans un cadre concurrentiel (défini par l’Europe) peut obtenir jusqu’à 80 % d’aides (publiques et européennes mises bout à bout). Dans un cadre concurrentiel, ce taux passe à 40 % (8 % d’aides publiques et 32 % de subventions Leader). Le minima de financement Leader (sous peine de rejet de la demande) est de 2.000 euros, alors qu’un plafond maximal a été fixé à 200.000 euros. Pour les opérations récurrentes (maximum 3 ans), les aides sont dégressives d’année en année.

Les étapes. Pour obtenir une subvention Leader, il est indispensable que l’opération devant en bénéficier n’ait pas commencé avant que le dossier de demande ait été officiellement reçu par le Gal. Celui-ci est ensuite transmis à la Région pour instruction réglementaire. Une fois le feu vert obtenu, il passe entre les mains du comité de programmation du Gal, qui prend la décision finale. Une convention attributive de subvention est alors dressée.

Engagement. Une structure obtenant des fonds européens Leader s’engage notamment à communiquer sur ce financement.

À qui s’adresser ? Pour monter un dossier de demande de subvention Leader, il est possible de bénéficier de l’aide des chambres consulaires. Mais également directement de l’équipe du Groupement d’action local du Pays de Lafayette (Stéphane Senèze, s.seneze@haut-allier.com, et Françoise Malige, fmalige@haute-loire.chambagri.fr), au Smat du Haut-Allier, 42 avenue Victor-Hugo à Langeac. Tél. 04.71.77.28.30.

Il s’agit des fonds européens dont bénéficie l’ancienne région Auvergne, sur la période 2016-2022, gérés par la Région et les programmes Leader.

C’est l’enveloppe de fonds Leader dont bénéficie le Groupement d’action locale du Pays de Lafayette. Si les 3,7 millions sont attribués rapidement, le Pays peut bénéficier d’une enveloppe supplémentaire de 500.000 €.

Organe décisionnel de chaque programme Leader, le comité de programmation décide de l’attribution ou non de subventions Leader à un projet. Celui du Pays de Lafayette est composé de 32 membres : 17 issus du privé et 15 du public.

Pierre Hébrard

D’aprés cet article de la Montagne du 14/4/2016, il existerai des fragment d’une ancienne centre verte autour de Brioude ? et le passage administratif de ZPPAUP (Zone de protection du Patrimoine Architectural, Urbain et paysager  …)  en AVAP  ( Aire de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine)  le prendrai en compte.

 

Un nouveau dispositif régira bientôt la rénovation et la construction dans le centre-ville élargi

Cette villa de l’avenue Victor-Hugo fait partie des bâtiments qui avaient été négligés, et qui sont aujourd’hui redécouverts et (enfin) appréciés à leur juste valeur. – pomme labrousse

Mettre en valeur les atouts du bâti brivadois, voilà l’objectif de l’Avap, un nouveau document réglementaire qui est soumis à l’approbation des habitants et devrait s’appliquer l’an prochain.

Dur dur d’expliquer à mon vieux Pépé ce qui va changer dans ce que l’on a le droit de faire en matière d’urbanisme à Brioude, avec le passage de la ZPPAUP à l’Avap (*). Surtout qu’il s’inquiète, lui qui possède une vieille maison dans le centre ancien. Il n’ose pas y lancer des travaux de rénovation, par peur de voir son projet refusé. Alors sans entrer dans le détail barbare des sigles et des réglementations, voici l’essentiel des changements à venir.

1 Parce qu’à Brioude, Pépé, on a la chance d’avoir la basilique Saint-Julien, classée au titre des monuments historiques. Et bien d’autres bâtiments et façades remarquables. Ce qui fait que tout permis de construire doit répondre à des règles précises. Je sais, Pépé, tu te souviens de deux voisins qui ont fait rénover leur maison du centre-ville, à plusieurs années d’écart, et qui n’ont pas eu le droit de faire la même chose, parce qu’ils n’ont pas eu affaire au même architecte des Bâtiments de France. Ça, c’était avant. Parce qu’en ce moment, la mairie de Brioude et la communauté de communes du Brivadois, qui a désormais la compétence urbanisme, font travailler une équipe pour doter Brioude d’une Aire de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine (Avap). C’est la loi qui a demandé qu’elle remplace la ZPPAUP. Désormais, les règles à suivre seront très précises. Il y a des exemples illustrés, des bons et des mauvais. Si tu veux, tu peux t’en inspirer…

2 Les indications et les secteurs concernés changent. En plus du centre historique et de sa couronne, les jardins ( voir ci-dessous) et le quartier qui va globalement de la place de Paris à la gare, entrent dans la zone à valoriser. Mais si, tu sais, ces maisons de l’avenue Victor-Hugo qui ressemblent à des châteaux… Tous les secteurs ne sont pas protégés de la même manière, selon leur proximité avec la basilique. Et puis, rien n’est encore définitif.

3 Pour le « gros » du travail, les élus ont fait appel à un trio composé d’un architecte, d’une paysagiste et d’une juriste. Mais, dès aujourd’hui, tu peux mettre ton nez là-dedans, Pépé. Le maire a même dit, à la réunion publique de présentation où il n’y avait d’ailleurs qu’une habitante, que certains Brivadois leur avaient déjà proposé des modifications.

4 Rassure-toi, Pépé, la procédure de demande de permis de construire ne sera pas plus compliquée, le délai ne changera pas. « Les gens vont pouvoir mieux anticiper », nous a expliqué André David, l’architecte chargé du dossier. Jean-Jacques Faucher a même assuré qu’il y aurait « plus d’équité. Cela ne sera ni plus ni moins coûteux qu’avant, simplement ce sera plus clair dès le départ. » Tu devrais y jeter un coup d’œil, Pépé, ils parlent même des volets, des portes de garage et des stores des commerces !

5 Tu sais, Pépé, ta cousine de Beaumont qui s’intéresse tant à l’histoire, tu devrais lui conseiller de feuilleter le rapport. On y apprend beaucoup de choses, et on découvre même des merveilles que l’on a sous les yeux tous les jours mais qu’on ne remarque plus…

(*) ZPPAUP pour Zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager, Avap pour Aire de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine.

Un registre est ouvert
en mairie de Brioude

Le dossier complet de constitution de l’Aire de mise en valeur de l’architecure et du patrimoine (Avap) peut être consulté tous les jours en mairie. Il est accompagné d’un registre dans lequel les Brivadois sont invités à inscrire remarques, commentaires, critiques et propositions. Cette phase ne remplace pas l’enquête publique. Et comme le document est assez dense, il est conseillé de l’étudier au préalable chez soi : c’est parfaitement possible puisque le dossier est disponible sur le site internet de la ville, téléchargeable gratuitement.

jardins. « Auparavant, la périphérie de Brioude était occupée par des jardins vivriers, qui formaient une couronne verte, explique l’architecte en charge du dossier de l’Avap, André David. La couronne verte n’est plus intacte, mais de grands morceaux ont été conservés. » Ce qui reste de la « ceinture verte » de Brioude fait donc son entrée dans le périmètre protégé en tant que telle, afin de conserver ces espaces verts. « Il est important de conserver des capacités jardinières », a insisté l’architecte. Ce changement induit, pour certaines parcelles « à la marge », le passage dans la catégorie non-constructible.

Le CECB se bat pour promouvoir  le biolocal dans les cantines

Cantine Vergongheon 001 (1010x734)

« De le  la Terre et hommes 2015  » : Le traitement de l’ évènement  vu  par la Ruche!! , le titre reflète- t- il le contenu de l’interview  de mr J.M Bony (membre de Phytovictimes) ? à vous de juger !

 

LaRuche_Art_Simon antony_2oct2015

Participation du CECB à l’émission de FR3 Auvergne ,  Enquêtes de Région : « Manger Bio-local en Région Auvergne »

Diffusé le 16 septembre 2015 et  apparition du  CECB à  12  min et 30 sec     🙂

 

lien complet de l’émission : http://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne/emissions/enquetes-de-regions-auvergne

 

 

De la Terre et des Hommes 2015: Manger sans s’empoisonner

La Ruche du 18 septembre 2015

(cliquer sur la photo pour l’agrandir)

TerreHomme_rucher_19se2015

De la terre et des hommes  2015 – Des associations mobilisées pour le « mieux manger »

source :  la montagne du 14/05/2015

Absolu propose une dégustation - photo d’archives

Absolu propose une dégustation – photo d’archives

La manifestation De la terre et des hommes, qui avait été lancée l’an dernier à Brioude, revient cette année, du vendredi 18 septembre au samedi 03 octobre, en se penchant plus précisément sur les produits phytosanitaires.

Outre une après-­midi dédiée aux techniques alternatives à ces produits, la quinzaine se terminera samedi 3 octobre par la projection du film La mort est dans le pré, et par le témoignage de Jean­-Marie Bony. Ce dernier reviendra notamment sur le temps qui lui a fallu pour être reconnu comme une victime des produits phytosanitaires.

Mettre dans les assiettes des produits locaux et bio, c’est leur credo

Chacun à sa façon, le collectif éco-citoyens du Brivadois (CECB) et Absolu, l’Amap (*) locale, œuvrent pour que des paysans du secteur, respectueux de la santé et de l’environnement, nourrissent leurs voisins.

Le CECB avait déjà mené une grande enquête sur la restauration collective locale, dont les résultats ont été rendus publics il y a un an environ. Samedi 3 octobre, ils récidivent avec un temps d’échanges autour de la question Quelle assiette bio-locale dans nos cantines ? Au menu, un état des lieux sur la restauration collective (avec des témoignages et des vidéos), puis la mise en place de trois ateliers pour réfléchir aux thématiques suivantes : comment animer la cantine et sensibiliser au bio-local ? Comment s’approvisionner ? Comment maîtriser ses coûts ? Un apéritif offert par les producteurs, et un repas tiré du sac mettront un terme aux échanges.

Producteurs locauxDans la même veine, mais sur un autre plan, les membres d’Absolu apportent eux aussi leur pierre à l’édifice De la terre et des hommes. Là encore, sur du concret, puisque l’association met en relation, depuis une dizaine d’années, des producteurs locaux installés en agriculture biologique et des consommateurs.

Bière artisanale, fromages de chèvre, de vache, miel, pain, légumes, viande de porc, de bœuf ou d’agneau… Mercredi 23 septembre, entre 17 h 30 et 19 heures, les producteurs d’Absolu s’installeront sur la place du Postel pour faire découvrir leurs produits. Au programme, dégustation, discussion avec les producteurs et découverte du fonctionnement de l’Amap.

(*) Association pour le maintien d’une agriculture paysanne.

EXPOSITION DU 18 SEPTEMBRE AU 3 OCTOBRE. A l’Hôtel de Ville de Brioude. La plasticienne Énola Charmille installe son exposition Quand les écosystèmes enseignent l’humain au premier étage du hall de la mairie. Une approche artistique et énergétique du vivant, que sa créatrice voit « comme une invitation à un voyage dans notre relation à la terre ». Gratuit. 

DÉGUSTATION MERCREDI 23 SEPTEMBRE. Place du Postel, à Brioude. De 17 h 30 à 19 heures, les producteurs bio locaux, membres de l’association pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap) Absolu, feront déguster leurs produits et feront découvrir le fonctionnement de l’Amap. 

CÉLÉBRATION DU VENDREDI 25 AU DIMANCHE 27 SEPTEMBRE. À Blassac et à Langeac. L’association Et pourquoi pas ? organise sa sixième Faîtes du jardinage. Au programme, projection du film En quête de sens le vendredi à 20h30 à Langeac. Le samedi, visite du jardin, jeu et atelier le matin à Cunes (Blassac). L’après-midi, troc de graines, de plants, d’outils et de livres, conférence, initiation à la vannerie, spectacle et concert à Blassac. Le dimanche, marché rural, échanges autour de l’agroécologie, balade instructive, contes, préparation de la soupe aux cailloux puis soirée musicale.

DÉMONSTRATIONS MERCREDI 30 SEPTEMBRE. À Brioude. La Fredon (Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles) organise une demi-journée d’information et de démonstration autour des alternatives aux produits phytosanitaires. Rendez-vous à 13 heures à la Halle aux grains, puis au parking des Remparts pour des démonstrations par une vingtaine d’entreprises. « C’est une présentation des alternatives aux produits phytosanitaires dans les espaces publics, explique Frédéric Caray, de la Fredon Auvergne. Au 1er janvier 2017, la loi imposera de nombreuses restrictions sur l’usage de ces produits. Nous ferons le point sur les dispositifs d’accompagnement et les aides qui existent. » Brioude, qui s’est engagée à diminuer par deux la quantité de produits phytosanitaires utilisés, était un lieu d’accueil logique pour ce rendez-vous régional. 

DISCUSSION SAMEDI 3 OCTOBRE. Au Foyer restaurant,à Brioude. Le collectif (CECB) propose une après-midi centrée autour de la question Quelle assiette bio-locale dans nos cantines ? au Foyer-Restaurant, de 15 heures à 19 h 30. 

PROJECTION SAMEDI 3 OCTOBRE.

Reconnu en maladie professionnelle après un très long combat : « Les pesticides, c’était mon boulot »

L’utilisation des produits phytosanitaires sera au cœur de cette deuxième édition de la manifestation De la terre et des hommes. – DR

source :  la Montagne du 14/09/15

La manifestation De la terre et des hommes revient pour une deuxième édition et se penche sur les moyens de cesser de détériorer la terre et la santé de ceux qui la travaillent.

Rien qu’à l’accent chantant, on comprend tout de suite que Jean-Marie Bony est un Méditerranéen. Il a grandi dans le sud-est, et a passé sa carrière à proposer aux viticulteurs, producteurs de fruits et maraîchers du Gard et de l’Ardèche des produits chimiques qui devaient les aider à améliorer leur production. Quarante ans plus tard, à 67 ans, la voix chante toujours, le sourire s’entend encore, mais deux cancers sont passés par là.

« J’ai des colères à dire »Aujourd’hui, Jean-Marie Bony passe cinq heures, trois fois par semaine, en dialyse. « Les conséquences de la chimio. » Mais cela ne l’empêchera pas de venir à Brioude, samedi 3 octobre prochain, pour dire sa colère, mais aussi son courage. Pour raconter ses dix années de combat pour faire reconnaître son cancer comme maladie professionnelle par la Mutualité sociale agricole (MSA). Pour, aussi, donner le courage à ses camarades de souffrance de suivre ses traces.

La manifestation De la terre et des hommes, qui avait été lancée l’an dernier à Brioude, revient cette année en se penchant plus précisément sur les produits phytosanitaires. Outre une après-midi dédiée aux techniques alternatives à ces produits, la quinzaine se terminera samedi 3 octobre par la projection du film La mort est dans le pré, et par le témoignage de Jean-Marie Bony.

Ce dernier reviendra notamment sur le temps qui lui a fallu pour être reconnu comme une victime des produits phytosanitaires. « Pour le premier cancer, en 1993, je n’ai pas fait le lien, se souvient-il. En 2002, ils ont trouvé un lymphome. Le professeur m’a demandé “qu’avez-vous fait de votre vie??” Je lui ai dit “moi, j’ai touché aux pesticides, ça a été mon boulot”. Il m’a conseillé de faire un dossier… »

Jeudi dernier, Jean-Marie Bony a appris que son camarade Paul François, qui fait partie lui aussi de l’association Phyto victimes, venait de gagner son combat face à Monsanto. Il en a été « très content », et cela ne fait que l’encourager. « J’ai des colères à dire. Il faut que ceux qui sont malades, aujourd’hui, se défendent. Il y en a qui s’en foutent, d’autres qui me disent que c’est compliqué… Je connais un agriculteur qui a 70 ans. Il en est à son septième cancer, mais il hésite à se faire reconnaître, devant la difficulté du parcours. » Accompagner les victimes d’aujourd’hui est une chose, protéger la jeune génération en est une autre. « On s’est fait connaître dans les écoles agricoles, et aujourd’hui les jeunes nous disent “moi je ne veux pas tomber dans la maladie”. »

Pomme Labrousse

 

Installé au « Brononcel », Thierry Rascle transforme le lait de ses 120 brebis lacaune

source : la Montagne du 22 sept 2015

L’engagement de Thierry Rascle est authentique… Comme ses produits. - photo s. roussel

L’engagement de Thierry Rascle est authentique… Comme ses produits. – photo s. roussel

Dans sa ferme, Thierry Rascle élève et trait ses brebis, puis commercialise sa production en circuits courts.

Thierry Rascle est représentatif de la diversité du monde paysan. La réflexion est au centre de sa démarche, nourrie de philosophie et de bon sen. Un homme en phase avec sa conscience. Questionné sur son métier d’agriculteur, il explique préférer le terme de paysan. « Je me suis installé au « Brononcel », commune de Paulhaguet en 2000 après avoir galéré pendant 3 ans pour trouver une exploitation. Lorsqu’on n’est pas issu du milieu agricole c’est une gageure. »

« Être libre »Thierry Rascle prend donc la suite d’un autre paysan, fait beaucoup de travaux et opte pour l’élevage ovin-lait, des brebis lacaune (celles qui font le fameux Roquefort). « Je me suis levé un matin est j’ai décidé que je serai paysan. Je voulais être libre, indépendant et habiter à la campagne, dans un endroit reculé. »

Son exploitation s’étend sur 34 hectares pour ses 120 brebis. La bergerie, quelques bâtiments de stockage, un atelier de fabrication et assez peu de matériels agricoles complètent la ferme. « Je suis installé en agriculture biologique depuis le début, cela n’était pas négociable. Je dispose de prairies naturelles et temporaires et de parcours. J’ai cinq béliers reproducteurs en monte naturelle. Je garde 25 % des agnelles afin de renouveler mon cheptel, le reste est vendu. Mes brebis meurent ici, je leur dois bien cela. »

Thierry Rascel produit du lait, le transforme en fromages pour une vente directe sur le marché du Puy-en-Velay. Il livre également les biocoops d’Aiguilhe et de Brioude, quelques restaurants et vend ses produits à la ferme. Entre les travaux des champs, les périodes d’agnelage, la fabrication, la tonte, il ne s’ennuie guère…

« Mes brebis meurent ici,
je leur dois
bien cela »
« Mon exploitation est à taille humaine, mais cela ne l’empêche pas d’être chronophage. C’est dû à la charge de travail qu’impose la transformation du lait. Cela restreint la liberté. À 46 ans, on se rend déjà compte que le temps file vite. J’aime ce que je fais mais l’avenir reste ouvert… Jusqu’à la retraite, plein de choses peuvent se passer. »

Pour cet éleveur atypique, la paysannerie a un avenir. Mais pas n’importe lequel. « Dans nos territoires, il y a de la place mais il est important d’être le plus indépendant possible. Il y a eu des précurseurs dans les années soixante-dix, en particulier en ce qui concerne l’agriculture biologique, ils avaient la foi et ils ont été visionnaires, on leur doit beaucoup ! » Pour autant, le bio ne résoudra pas tout, à ses yeux. « Il faut nous questionner sur le cahier des charges, sur le bio à deux vitesses (entre petits producteurs et grande distribution), sur son éthique ! »

Thierry Rascle rêve de concitoyens « vigilants, qui s’interrogent sur le monde, qui s’informent : des citoyens actifs et responsables de ce qu’ils mangent ! Éveiller la conscience des consommateurs aux conditions de vies des animaux… Il y a des indicateurs encourageants comme la solidarité entre les paysans, d’autres le sont moins… »

Source :  la montagne , du 28/06/15

Thomas Brouillard est paysan meunier boulanger à Lavaudieu, une profession devenue rare

Thomas Brouillard est paysan meunier boulanger à Lavaudieu, une profession devenue rare –
Exemple d’une installation agricole réussie avec ce jeune paysan qui fait un métier vieux comme le monde.

Semer, moissonner, moudre, pétrir et cuire. Ces cinq mots faisaient encore partie, il y a trois ou quatre générations, du quotidien des campagnes. Aujourd’hui, lorsque Thomas Brouillard annonce sa profession, il faut faire des kilomètres avant de lui trouver un confrère. Certes, en se faisant paysan meunier boulanger, il renoue avec un savoir-faire ancestral. Mais il pratique aussi une gestion moderne et efficace économiquement parlant : celle qui permet de garder la main sur le processus complet. Ici, de la graine au pain.

En arrivant aux Laniers, à Lavaudieu, sa ferme est facile à trouver : une ribambelle de tissus blancs, qui protègent la pâte lorsqu’elle lève dans les panières, sèchent au vent. Dans une grange qui n’a pas connu la révolution des stabulations, l’ancienne crèche jouxte le fournil. À l’étage, sous le regard affûté de ses chats (« le meilleur des remèdes contre les souris »), les grains attendent de passer l’épreuve du tri. Qui n’a rien d’une mince affaire. « Je passe presque un tiers de mon temps à gérer le moulin et à trier le grain », estime le jeune homme de 27 ans.

« Paysan meunier boulanger, ce métier n’existait pas, pour moi… »La recette de son pain, il ne la donnera pas. Mais la recette de sa réussite, elle, saute aux yeux. De l’envie et de la chance, en égales proportions. L’envie, parce que ce prof de sport de formation a toujours aimé le monde paysan. « Il fallait juste que je trouve une activité où je pouvais être seul et autonome financièrement ». L’envie, encore, lorsqu’il s’agit de rénover cette vieille ferme avec ses deux bras, ou presque. « Il n’y a que le conduit de cheminée du four à bois que j’ai fait faire ». L’envie, toujours, avec le choix de l’agriculture biologique, qui s’est imposé comme une évidence. « La cohérence, lorsque l’on veut se mettre en circuit court, c’est de faire les choses simplement, sans artifice. »

Sur ses douze hectares, quatre sont semés en céréales chaque année. Un mélange d’une quarantaine de variétés pour le blé, et du seigle population. « En fait, la seule chose que j’achète, c’est le sel », s’amuse-t-il. Et la seule chose qu’il ne fait pas, c’est la récolte. L’investissement aurait été trop lourd pour une si petite surface. Ce qui ne l’empêche pas, à quelques semaines de la moisson, de se réjouir en voyant ses épis dresser leurs barbes. Variétés anciennes et rustiques, elles ont su tirer le meilleur de ces terres maigrelettes, anciennes prairies naturelles.

Des variétés de blé anciennes et rustiques .La chance, elle, l’accompagne depuis le début de cette aventure. Avec sa formation, « d’une qualité rare » : il a fait partie de la première promotion des paysans meuniers boulangers du centre de formation agricole de Montmorot, dans le Jura. « Ce métier n’existait pas pour moi, je ne connaissais personne qui faisait ça. » Avec cette ferme des Laniers, ensuite. « L’ancienne propriétaire nous a offert le meilleur des accueils ». Avec l’accompagnement de plusieurs structures, aussi, dont dASA, aussi bien pour l’étude de marché de son activité que pour l’autoconstruction de son outil de travail. La chance, enfin, de dénicher d’occasion un équipement sur-mesure. « Il n’y a que le four et le moulin que j’ai acheté neufs ». L’élévateur à godets, la colonne de séchage, le trieur à semences centenaire lui permettent, huit mois après avoir démarré son activité, de fournir 200 kg de pain par semaine. « C’est le volume que je m’étais fixé pour sortir 1.300 € par mois. Mon objectif, c’était d’y arriver en trois ans… » C’est dire si la demande existe. « Si un deuxième paysan boulanger s’installe demain à Brioude, on ne se marchera même pas dessus », assure-t-il.

Son ‘il avisé, il l’exerce aux champs, au tri des grains, mais aussi au pétrin. D’ailleurs, il ne pétrit pas vraiment sa pâte. « Les variétés anciennes de blé sont trop fragiles ». Mais il la mélange, la rabat, et attend. « Ça n’est pas physique, c’est technique, sourit-il. En quelques minutes, la pâte se lisse toute seule… » Et s’il affiche une rigueur drastique sur les quantités et les températures, ses fournées, d’une semaine sur l’autre, ne sont pourtant pas identiques. « Au levain, tu travailles sur des éléments naturels, même la lune a une influence… Il y a une fermentation, donc il y a de la vie ! »

Goûter. Thomas Brouillard commercialise son pain aux Amap de Brioude et de Langeac, ainsi qu’à la biocoop et sur le marché de Brioude.

Pomme Labrousse

 

Brivabio : Une « success story » certifiée biologique

 source :  la montage du 30/05/15

Florence Gozzi a monté Brivabio il y a onze ans et le nombre de ses clients augmente tous les ans… - pomme labrousse

Florence Gozzi a monté Brivabio il y a onze ans et le nombre de ses clients augmente tous les ans… – pomme labrousse

Créé il y a onze ans, le magasin d’alimentation biologique Brivabio surfe sur l’attrait actuel pour des produits sains et locaux.

Sur l’étiquette, il est indiqué « salade d’Édouard ». C’est comme ça, à la Biocoop de Brioude. On y achète les salades d’Édouard, le pain de Thomas, de Marie-Christine ou de Yann, les œufs d’Isabelle… Des producteurs locaux. « Cela fait partie des principes à respecter lorsque l’on est affilié au réseau Biocoop », précise Florence Gozzi. Ce petit bout de femme de 56 printemps affiche un sourire radieux en toutes circonstances. Il faut dire que, concernant son magasin Brivabio, elle a de bonnes raisons. Partie de rien il y a onze ans, elle est aujourd’hui à la tête d’une petite entreprise qui emploie six personnes, enregistre en moyenne 150 actes d’achats chaque jour et génère 900.000 € de chiffre d’affaires.

« On est au taquet ! »« Depuis le début, on a une croissance à deux chiffres. Je n’ai toujours pas atteint le plateau… Je ne m’en plains pas, mais on est au taquet ! ». Avec trois livraisons par semaine, et chaque fois une tonne de produits à déballer et ranger, les petites mains de la Biocoop ne chôment pas. Une nouvelle salariée vient d’être embauchée, le mardi va passer en journée continue et un service de livraison à domicile devrait voir le jour à l’automne.

Quand, dans les années quatre-vingt-dix, Florence Gozzi quitte Marseille pour l’air pur de l’Auvergne, elle ne se doutait pas qu’elle deviendrait le moteur de cette « success story » locale. Elle s’installe en Haute-Loire au début des années 2000 et fait ses courses à la Biocoop du Puy. « C’est la gérante qui m’a donné l’idée d’en ouvrir une à Brioude. Je lui ai demandé : “c’est où, Brioude ?” ». Cette dernière lui donne alors les coordonnées de la cinquantaine de Brivadois qui passent le col de Fix chaque semaine pour se fournir au Puy. Florence Gozzi les appelle, un par un. Mesure le potentiel. Se lance. D’abord rue des Olliers, dans un petit local. « Très vite, les gens m’ont demandé plus de produits, plus d’heures d’ouverture… Même en commençant à 5 heures du matin, je n’y arrivais plus. » Elle embauche alors Évelyne Dumas, sa première salariée, qui officie toujours aujourd’hui. En 2005, elle déménage place du Postel, dans les locaux actuels. « Je l’avais visité lors de la première Biennale de l’aquarelle, c’était un lieu d’exposition. J’avais trouvé ça immense… »

Aujourd’hui, elle y est presque à l’étroit. « Il nous faut optimiser l’espace, ce que nous sommes en train de faire en ajoutant du mobilier. » Pour autant, pas question de quitter son quartier historique. « Je ne déménagerai pas ! Nous sommes un commerce de proximité. Qu’est-ce qu’on irait faire dans une zone commerciale ? »

Bien ancrée dans son quartier, Florence Gozzi a vu, en une dizaine d’années, les mentalités sur l’alimentation biologique changer. « Le prix ? C’est le prix d’un travail normal. Ce qui vient de l’étranger ? Biocoop a fait le choix d’un étranger proche et c’est encore plus contrôlé que les produits français. Le discours général a complètement changé : ça n’est plus du tout farfelu de vouloir manger bio ! »

« Ça n’est plus du tout farfelu de vouloir manger bio »Et si les amateurs se multiplient, le noyau dur concerne des Brivadois investis notamment autour de la défense de l’environnement. « La salle de Brivabio, c’est un pôle de militance. Ici, ça n’est pas juste un endroit où on vient faire ses courses et dépenser de l’argent. On s’informe, on réfléchit… » Car c’est bien l’une des particularités du lieu : un magasin qui n’est pas seulement un magasin… n

Nouveaux horaires. Dès la semaine prochaine, les mardi, de 9 h 30 à 19 heures ; mercredi, jeudi et vendredi, de 9 h 30 à 13 heures et de 15 heures à 19 heures et samedi, de 9 h 30 à 18 heures. Le site brivabio.fr, en refonte, sera opérationnel cet été.

Biocoop. Le réseau Biocoop n’est pas une franchise. Les adhérents s’engagent à se fournir à 85 % auprès de la plateforme Biocoop et à réaliser 80 % du chiffre d’affaires avec l’alimentaire. « Biocoop n’est pas une marque, c’est un facilitateur », insiste Florence Gozzi. Brivabio travaille aussi avec 20 producteurs locaux, pour environ 10 % de ses produits.

Pomme Labrousse
pomme.labrousse@centrefrance.com

 

Le magasin Brivabio, affilié au réseau Biocoop, affiche un taux de croissance à deux chiffres

 source :  la montage du 30/05/15 à 6h00 pomme labrousse

Florence Gozzi a monté Brivabio il y a onze ans et le nombre de ses clients augmente tous les ans… –

Créé il y a onze ans, le magasin d’alimentation biologique Brivabio surfe sur l’attrait actuel pour des produits sains et locaux.

Sur l’étiquette, il est indiqué « salade d’Édouard ». C’est comme ça, à la Biocoop de Brioude. On y achète les salades d’Édouard, le pain de Thomas, de Marie-Christine ou de Yann, les ‘ufs d’Isabelle… Des producteurs locaux. « Cela fait partie des principes à respecter lorsque l’on est affilié au réseau Biocoop », précise Florence Gozzi. Ce petit bout de femme de 56 printemps affiche un sourire radieux en toutes circonstances. Il faut dire que, concernant son magasin Brivabio, elle a de bonnes raisons. Partie de rien il y a onze ans, elle est aujourd’hui à la tête d’une petite entreprise qui emploie six personnes, enregistre en moyenne 150 actes d’achats chaque jour et génère 900.000 € de chiffre d’affaires.

« On est au taquet ! »« Depuis le début, on a une croissance à deux chiffres. Je n’ai toujours pas atteint le plateau… Je ne m’en plains pas, mais on est au taquet ! ». Avec trois livraisons par semaine, et chaque fois une tonne de produits à déballer et ranger, les petites mains de la Biocoop ne chôment pas. Une nouvelle salariée vient d’être embauchée, le mardi va passer en journée continue ( lire par ailleurs) et un service de livraison à domicile devrait voir le jour à l’automne.

Quand, dans les années quatre-vingt-dix, Florence Gozzi quitte Marseille pour l’air pur de l’Auvergne, elle ne se doutait pas qu’elle deviendrait le moteur de cette « success story » locale. Elle s’installe en Haute-Loire au début des années 2000 et fait ses courses à la Biocoop du Puy. « C’est la gérante qui m’a donné l’idée d’en ouvrir une à Brioude. Je lui ai demandé : « c’est où, Brioude ? » ». Cette dernière lui donne alors les coordonnées de la cinquantaine de Brivadois qui passent le col de Fix chaque semaine pour se fournir au Puy. Florence Gozzi les appelle, un par un. Mesure le potentiel. Se lance. D’abord rue des Olliers, dans un petit local. « Très vite, les gens m’ont demandé plus de produits, plus d’heures d’ouverture… Même en commençant à 5 heures du matin, je n’y arrivais plus. » Elle embauche alors Évelyne Dumas, sa première salariée, qui officie toujours aujourd’hui. En 2005, elle déménage place du Postel, dans les locaux actuels. « Je l’avais visité lors de la première Biennale de l’aquarelle, c’était un lieu d’exposition. J’avais trouvé ça immense… »

Aujourd’hui, elle y est presque à l’étroit. « Il nous faut optimiser l’espace, ce que nous sommes en train de faire en ajoutant du mobilier. » Pour autant, pas question de quitter son quartier historique. « Je ne déménagerai pas ! Nous sommes un commerce de proximité. Qu’est-ce qu’on irait faire dans une zone commerciale ? »

Bien ancrée dans son quartier, Florence Gozzi a vu, en une dizaine d’années, les mentalités sur l’alimentation biologique changer. « Le prix ? C’est le prix d’un travail normal. Ce qui vient de l’étranger ? Biocoop a fait le choix d’un étranger proche et c’est encore plus contrôlé que les produits français. Le discours général a complètement changé : ça n’est plus du tout farfelu de vouloir manger bio ! »

« Ça n’est plus du tout farfelu de vouloir manger bio » Et si les amateurs se multiplient, le noyau dur concerne des Brivadois investis notamment autour de la défense de l’environnement. « La salle de Brivabio, c’est un pôle de militance. Ici, ça n’est pas juste un endroit où on vient faire ses courses et dépenser de l’argent. On s’informe, on réfléchit… » Car c’est bien l’une des particularités du lieu : un magasin qui n’est pas seulement un magasin…

Nouveaux horaires. Dès la semaine prochaine, les mardi, de 9 h 30 à 19 heures ; mercredi, jeudi et vendredi, de 9 h 30 à 13 heures et de 15 heures à 19 heures et samedi, de 9 h 30 à 18 heures. Le site brivabio.fr, en refonte, sera opérationnel cet été.

Pomme Labrousse

L’association  » et pourquoi pas  »  organise des formations 2015  en Agro- écologie  en 3 modules, sur une durée totale de 8 jours.

Ci dessous le programme, dates et tarifs. Possibilité de prise en charge des frais de formation.

Pour accéder à leur coordonnées,  cliquer sur l’affiche  ci dessous.

Capture1Capture2

 

 

La série De la terre et des hommes s’est terminée samedi par une escapade dans les vignes

la montagne 30/09/2014

Fabienne et Christophe Grayon sont vignerons bio à Boudes (Puy-de-Dôme), et leurs difficultés sont les mêmes que celles des vignerons italiens qui témoignent dans, qui était projeté samedi au Paris. – pomme labrousse
À l’occasion de la projection du film Résistances naturelles , des vignerons auvergnats ont témoigné des difficultés d’exercer leur métier de façon respectueuse.

Des Brivadois qui fleurissent leur jardin aux vignerons italiens qui cultivent leurs ceps en Toscane. C’est le grand écart que proposait la série De la terre et des hommes, initiée cette année par la municipalité et l’association Absolu, qui organise les AMAP de Brioude. Une série qui a démarré avec la remise des prix des balcons fleuris, il y a deux semaines, et qui s’est achevée samedi soir par la projection-débat du film Résistances naturelles (*), du réalisateur de Mondovino.

Une soixantaine de personnes a ainsi découvert la philosophie de ces gens qui, chacun dans son petit bout d’Italie, produisent un vin sans soufre, sans pesticide, sans herbicide ni fongicide… « On est des intermédiaires, mais c’est le vin de la terre », assure l’un d’eux. « Il y a zéro technologie dans nos caves, s’amuse une vigneronne. Notre vin, c’est juste ce que nos raisins nous donnent ».

L’une des images fortes du film reste ce plan où le vigneron compare une poignée de sa terre avec celle prise sur le terrain voisin, cultivé en conventionnel. « La véritable agriculture, c’est de reconstruire constamment l’humus, explique-t-il. Ma terre sent le champignon, celle de mon voisin sent la lessive ». À l’image, la différence est indéniable entre cette motte de terre friable et sombre, d’une part, et ce bloc qui ressemble à de la glaise claire, où les feuilles mortes sont vitrifiées plutôt que décomposées. Et puisque la devise propose de penser global pour agir local, des vignerons du Cantal et du Puy-de-Dôme, qui travaillent en agriculture biologique, ont, après le film, raconté leur quotidien.

Même combat pour
ces vignerons auvergnats

« À la cave, j’essaie de mettre le moins de produits possible, je n’utilise plus de levures depuis 2011, explique Stéphan Elzière, installé à Molompize (Cantal). Et pour ne pas mettre beaucoup de produits, j’essaie de passer beaucoup de temps à la vigne… ». Qu’il s’agisse du Cantalien d’adoption ou de Fabienne et Christophe Grayon, qui produisent du vin bio à Boudes (Puy-de-Dôme), le constat est le même. C’est bien la terre et l’écosystème qui font le vin.

« Sur l’étiquette, je n’ai plus le droit de mettre Boudes ! »
( Christophe Grayon, vigneron à… Boudes)

« Quand on est arrivé, les gens disaient qu’on ne passerait pas l’année », s’amuse Christophe Grayon, qui produit avec son épouse entre 12.000 et 15.000 bouteilles par an. « Aujourd’hui, les grands domaines travaillent en biodynamie, même s’ils ne le mettent pas sur leurs étiquettes, insiste Stéphan Elzière. Ils savent que ça s’exprime dans le vin ».

Mais travailler en respectant cet équilibre fragile n’est pas une mince affaire. Et ces vignerons souffrent, comme leurs collègues italiens qui témoignent dans le film, de la demande d’uniformisation des produits. Eux aussi ont des problèmes avec les appellations. « On me retoque toujours un ou deux vins par an », reconnaît le Cantalien. « Mon rosé a été refusé par l’AOC parce qu’il n’avait pas la bonne couleur, s’agace Christophe Grayon. Et notre vendange 2014 ne sera plus en AOC du tout. Le problème, c’est que cela entraîne une perte d’identité : sur l’étiquette, je n’ai plus le droit de mettre « Boudes » ( alors que c’est là qu’il cultive et vinifie, N.D.L.R.), ni même « mis en bouteille à la propriété », alors que c’est ce que nous faisons ! ».

Autre sujet de questionnement : le prix de ces vins « alternatifs ». « Toute la difficulté, résume Stéphan Elzière, c’est d’être en accord avec ce qu’on fait et d’arriver à le partager avec nos voisins ».

(*) Pour ceux qui auraient des regrets, le film est à nouveau programmé le vendredi 10 octobre, à 20 h 30, au centre culturel de Langeac…

Pomme Labrousse

Interview du célèbre agronome Marc Dufumier qui viendra exposer son point de vue aux Brivadois, vendredi 26 Septembre à Brioude.

Source: La montagne : 23/09/2014

Pour Marc Dufumier, le retour à une agriculture artisanale n’est pas le retour à l’âge de pierre, bien au contraire : « L’agriculture moderne de demain va être très savante ».? – photo DR
Enseignant-chercheur reconnu mondialement, Marc Dufumier se propose de lancer le débat autour du diptyque alimentation saine et agriculture durable.

Après avoir parcouru les champs d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique, l’agronome-géographe Marc Dufumier sillonne la France pour discuter de l’avenir de l’agriculture. La première adjointe au maire de Brioude, Marie-Christine Degui, est à l’origine de sa venue en cité Saint-Julien, vendredi soir. Avant-goût de sa conférence-débat…

Vous avez longtemps travaillé dans les pays du Sud et vous vous intéressez maintenant à l’agriculture biologique… Quel a été votre cheminement ?
Le Sud m’a appris deux choses : que nos agricultures industrielles font, en exportant leurs excédents vers les pays du Sud, le plus grand tort aux paysanneries locales. Le sac de riz récolté par une paysanne malgache va s’échanger au même prix que celui cultivé en Camargue ou en Caroline du Sud ( États-Unis), alors qu’il aura demandé deux cents fois plus de travail…

L’autre chose que j’ai apprise, c’est que, là-bas, il s’agit souvent d’une agriculture artisanale qui associe plusieurs espèces, plusieurs variétés. À l’hectare, c’est une agriculture hyperperformante. Et plus encore si l’on raisonne en termes de valeur ajoutée. Notre agriculture à nous produit beaucoup, mais détruit beaucoup aussi.

« Il y a urgence
à produire mieux ! »Vouloir à tout prix exporter est coûteux en dégâts environnementaux et en énergies fossiles, sans compter les coûts cachés que l’on paiera sous forme d’impôts et de cotisations à la sécurité sociale. Il y a urgence à produire mieux !

Nos agriculteurs protestent contre la directive nitrates, arguant que l’Auvergne n’est pas la Bretagne et ses algues vertes…
Les agriculteurs ont parfois quelques raisons de trouver que les directives européennes sont trop uniformes. Et c’est vrai que les modalités de rémunération de la PAC et les directives européennes sont contradictoires. Mais, dans des régions comme la vôtre, il faut absolument éviter que la situation ne devienne aussi grave qu’en Bretagne. L’urgence, c’est de refabriquer du fumier, et non plus du lisier, d’élever les animaux sur la paille, avec des litières et pas sur du ciment.

Cela signifie plus de travail… C’est vrai : il faut de la paille, la transporter vers l’étable, puis transporter le fumier dans les champs. Et, malheureusement, les subventions PAC ne rémunèrent pas ce genre de choses…

Vous arrive-t-il de discuter de ces sujets avec les agriculteurs installés en conventionnel ?
Oui, j’ai le goût du débat. J’aime leur rappeler, en tant que scientifique, que leur objet de travail, ça n’est pas le sol, la plante ou le troupeau, mais un écosystème. Il n’y a pas de pénurie de soleil annoncée avant fort longtemps, or l’essentiel est de faire l’usage le plus intensif de ces rayons, puisque l’on transforme l’énergie solaire en énergie alimentaire. Je leur dis que les plantes, avec le gaz carbonique, fabriquent du sucre, de l’amidon et de l’huile, et qu’on devrait les payer pour nous débarrasser de ce gaz à effet de serre ! Là, ils commencent à m’écouter car ils ne se sentent pas stigmatisés. Il ne faut pas oublier que la principale facture de notre agriculture, ce sont les engrais azotés de synthèse et les produits phytosanitaires. Si l’on cultivait plus de légumineuses (pois, lentilles…), on n’aurait pas besoin d’importer du soja, ni d’engrais azotés de synthèse…

Il faut pourtant bien nourrir les milliards d’êtres humains qui peuplent la planète…
Je suis pour une agriculture intensivement écologique, pour l’usage intensif des coccinelles et des scarabées, des mésanges et des crapauds… La véritable opposition n’est pas entre le naturel et le chimique, mais entre une agriculture artisanale et une agriculture industrielle. Techniquement, je suis optimiste. C’est faisable de nourrir sainement 9,5 milliards d’êtres humains.

Mais comment ?

Si les données scientifiques vous donnent raison, les décisions politiques ne devraient pas traîner…
Je vais vous avouer que j’ai reçu une claque. Les rapports de force sont tels que, même les gens qui adhèrent au raisonnement n’osent pas proposer cela… Ça fait peur et la difficulté du combat est là. Plutôt que de dire « il faut un virage à 180 degrés », on reconnaît qu’on va dans le mur, mais on se contente de mettre des rustines…

« Si l’on continue comme ça, à la sortie de Paris, on aura des friches, des forêts, des loups… »A Brioude, producteurs et consommateurs se sont regroupés au sein d’une Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) : est-ce une initiative réaliste ?
Il faut arrêter les caricatures. L’AMAP, ce ne sont pas vingt « bourgeois-bohèmes » qui prennent leur voiture pour aller chercher 500 grammes de fraises ! C’est l’agroécologie qui revient à l’échelle territoriale. Sur place, ça fait du bien, mais surtout, cela a une valeur exemplaire. C’est très important de faire ces démonstrations. Il faut rémunérer la généralisation de ces expériences réussies.

L’agriculture telle qu’elle est pratiquée sur la majorité du territoire français a-t-elle un avenir ?
Il ne faut pas rêver : on ne sera pas, en France, compétitif pour le sucre, les céréales, l’huile… Ni face aux poulets brésiliens ! Si l’on continue comme ça, à la sortie de Paris, on aura des friches, des forêts, les loups… Les avantages compétitifs de la France, ce sont ses produits du terroir.

Vous êtes expert auprès de la FAO et de la Banque Mondiale… Que venez-vous faire à Brioude ?
Il arrive qu’un intellectuel puisse discuter avec un ministre, un commissaire européen et sortir d’une réunion avec des décideurs politiques persuadé d’avoir marqué des points. Eh bien, dans l’immense majorité des cas, c’est faux… L’argument n’est pas suffisant pour qu’un politique ait le courage de prendre des décisions fortes. Ce virage ne peut se faire que s’il y a l’adhésion du plus grand nombre. L’opinion publique est très importante. Je ne viendrais pas donner une conférence à Brioude si je n’étais pas convaincu de son utilité.

L’écouter. Rendez-vous ce vendredi, à la Halle aux grains de Brioude, à 20 h 30. Gratuit.

 

 

A Couteuges, Monique Brun-Bellut se prépare à confier son exploitation à Zohra Lambin

la montagne : 16/9/14

Monique Brun-Bellut () et Zohra Lambin sont toutes deux capables de déplacer les montagnes s’il le faut?! - pomme labrousse Monique Brun-Bellut () et Zohra Lambin sont toutes deux capables de déplacer les montagnes s’il le faut?! – pomme labrousse
Transmettre sa ferme pour l’une, trouver des terres pour l’autre : la rencontre entre l’éleveuse de brebis noires du Velay et la responsable de ferme pédagogique est bien partie pour porter ses fruits.

Ces deux-là étaient faites pour se rencontrer. L’une a osé, il y a une quinzaine d’années, faire le pari de mener, seule, son exploitation agricole. Qui plus est avec un troupeau de brebis noires du Velay, sur un mode d’élevage extensif, en optant pour la vente directe de ses agneaux bio de race pure. L’autre, à 40 ans, change de vie pour travailler au contact des animaux. Parcourt les routes de France avec, dans sa petite bétaillère, une mini-ferme pédagogique itinérante. Et souhaite proposer un produit rarissime en France : du beurre de chèvre et de brebis. Logique, donc, que Monique Brun-Bellut ait choisi Zohra Lambin pour lui succéder à la tête du domaine d’Oussoulx. « Je pensais continuer encore quelques années, mais, avec Zohra, l’occasion s’est présentée, explique Monique Brun-Bellut. Je me suis toujours dit que, lorsque j’arrêterai, je ne voulais pas que l’exploitation soit divisée et je voulais permettre à quelqu’un de s’installer et de développer quelque chose. Mais je voulais aussi quelqu’un qui continue sur ma lancée… ».

Diversifier
l’activité tous azimuts

Bonne pioche avec Zohra Lambin, dont le cerveau doit fabriquer en moyenne trois projets par seconde. Au domaine d’Oussoulx qui, avec son troupeau de 250 brebis noires du Velay, fournit actuellement l’équivalent d’un mi-temps, Zohra rêve de donner corps à un projet qui la travaille depuis longtemps.

« Quand j’étais petite, je partais dans le désert, en Algérie, et je me souviens d’avoir aidé ma grand-mère à battre le beurre de brebis. C’était un produit très précieux, délicieux… ». Un pont entre le Sahara et l’Auvergne, mais surtout l’une des pistes que Zohra Lambin a imaginée pour rendre l’exploitation suffisamment solide, économiquement parlant. Elle pense donc à fabriquer du beurre de lait de chèvre, mais aussi à agrandir sa ferme pédagogique, concocte des animations pour mettre en valeur le parc solaire installé sur les terres du domaine ( lire par ailleurs) et réfléchit déjà à une activité tournée vers l’horticulture pour laquelle elle serait épaulée par son fils aîné…

« S’accrocher, vouloir réussir, ça me parle, s’amuse Monique Brun-Bellut lorsqu’elle écoute sa protégée. Elle n’hésite pas à frapper aux portes et elle a raison ». Un fonctionnement qui semble naturel à Zohra Lambin. « J’ai 41 ans, donc je ne peux pas bénéficier des aides aux jeunes agriculteurs et je ne suis pas issue de ce milieu, donc je suis bien obligée d’aller chercher des idées ailleurs ». C’est comme cela qu’elle a déposé une demande pour bénéficier du système de « couveuse », mis en place par Auvergne Nouveau Monde, pendant six mois. Elle devrait être fixée sur son sort en février. La Fondation de la seconde chance lui offre son appui financier pour la réalisation d’un laboratoire de transformation mobile, monté sur un châssis de caravane. Elle a également décidé de sonner aux portes des internautes, en tentant, via le site Ulule, de trouver des financements pour acheter une baratte électrique (2.500 €) et une écrémeuse (2.000 €), dont elle aura besoin pour lancer sa production de beurre ( lire par ailleurs). « Mais sans la transmission de l’exploitation, le projet ne se faisait pas », reconnaît Zohra Lambin.

« S’accrocher, vouloir réussir,
ça me parle ! »
Monique Brun-Bellut D’ici une bonne année, si tout se déroule comme Zohra Lambin l’a prévu, les brebis noires du Velay d’Oussoulx auront de nouvelles copines : des brebis lacaune et des chèvres (la race reste encore à définir), dont le lait servira à fabriquer du beurre. Monique Brun-Bellut lui louera les terres et les bâtiments, et lui aura vendu troupeau et matériel. « Fin 2015, je pense que je pourrai passer le relais », estime-t-elle. « Ça traîne, plaisante – à moitié – Zohra Lambin. Il faudrait que je puisse traire demain ! ».

Pomme Labrousse
pomme.labrousse@centrefrance.com

 

 

Les paysans bio d’Auvergne vont ouvrir leurs portes au grand public

source :  La montagne (13/9/14)

Place au baptême, le week-end prochain. - Carole Eon-Groslier

La viande bio a trouvé un toit en plein cœur de l’hiver, rue Guynemer, à Brioude. Depuis, l’activité de l’atelier de découpe et de transformation bat son plein. Le temps du baptême est venu…

«On a commencé sans savoir comment l’activité allait se développer. On a pris un boucher en intérim pour ne pas avoir à faire machine arrière… Aujourd’hui, on travaille de 6 heures à 22 heures. C’est parti plein pot ! ».

« C’est parti plein pot ! »

Pascal Rouy n’a pas eu à forcer sa nature prudente pour épouser la politique de ses cinq associés. Ne pas mettre la charrue avant les b’ufs. Un leitmotiv simple. Redoutable d’efficacité.

Sur ce terreau commun, Jacqueline Belin, Monique Brun-Bellut, Serge Douix, Émilien Piroux et Pascal Rouy ont assuré leurs premiers pas. Sans céder à l’emballement. « On travaille tous en circuits courts et on a pu faire évoluer nos propres produits. En plus de la découpe, on a investi dans une cuisine et un séchoir. Notre offre s’est élargie. Le mouton se décline en merguez ou chipolatas ; le b’uf peut être préparé en bourguignon… ».

À cette valeur ajoutée est venue se greffer l’excellente nouvelle d’un agrément européen autorisant le quintet à débuter des prestations de services.

« Depuis le mois de juin, tous les éleveurs bio peuvent rejoindre notre démarche de vente directe. Cette ouverture correspond à notre volonté de ne pas développer nos fermes à outrance ».

Victimes de leur succès, les paysans flirtent avec la rupture de stock. Une aubaine pour les nouveaux venus. « On a un bon réseau de circuits courts et l’atelier nous a permis de décrocher de nouveaux contrats à Paris et auprès de restaurateurs clermontois. On peut assurer des débouchés immédiats à ceux qui nous emmènent leur viande ».

Rassurés par une clientèle qui a répondu présente, les cinq associés se sont résolus à desserrer le frein. « On va contractualiser le boucher en CDI et embaucher deux autres personnes. On est plus serein. On ne va faire que du bio, car il y a de quoi faire. Il n’y aura aucun doute dans la tête des gens ! ».

Point de vente

Les amateurs de viande pourront très prochainement visiter le point de vente attenant à l’atelier de découpe. « Dans la vitrine réfrigérée, les clients viendront chercher leurs colis ou acheter quelques-uns de nos produits ». Et puisque les naissances s’accompagnent souvent de baptême, la SARL des Paysans bio d’Auvergne célébrera le sien le vendredi 19 septembre. Avant d’ouvrir ses portes au public, les samedi 20 et dimanche 21…

Paysans bio d’Auvergne. Portes ouvertes les 20 et 21 septembre, de 10 heures à 17 heures, 35 rue Guynemer, à Brioude. Tél. 04.71.50.96.06

Carole Eon-Groslier

 

Distillerie de saint Hilaire (43),  la distillerie se développe depuis plus de vingt-cinq ans et initie de nouveaux projets.

(la montage du 6/6/14)

Stéphane Sallé, directeur de l’entreprise de Saint-Hilaire, dans la boutique attenante à la distillerie. – BRIOUDE Photo
La distillerie de Saint-Hilaire a triplé son nombre de salariés en sept ans. Elle souhaite aujourd’hui renforcer l’attractivité du lieu pour accueillir les visiteurs dans un cadre agréable.

L’Auvergne est une région qui recèle une flore abondante et variée. L’endroit idéal pour créer une entreprise liée à la transformation de ces plantes. Depuis vingt-six ans, la distillerie de Saint-Hilaire est implantée dans le Parc naturel régional du Livradois-Forez et participe activement à la dynamique locale du territoire.

Créer un jardin botanique pédagogique
et construire un nouveau bâtiment« L’entreprise est à taille humaine, mais elle est localement importante, puisqu’elle est le deuxième employeur le plus important sur la Communauté de communes d’Auzon, relève Stéphane Sallé, directeur de la distillerie. Nous faisons travailler du monde localement, et participons au développement économique et touristique du territoire. »

La distillerie emploie aujourd’hui quinze personnes et fonctionne avec une dizaine de cueilleurs et une douzaine d’agriculteurs. « En sept ans, nous sommes passés de cinq à quinze salariés, c’est une croissance relativement importante ! ».

Huiles essentielles, macérats huileux, eaux florales, tisanes, baumes, produits cosmétiques : la distillerie décline les plantes médicinales sous de multiples formes. « Nous travaillons beaucoup pour la cosmétique, c’est un marché qui est en plein boom ! » s’exclame le directeur. « Notre société est bien placée, car les clients nous demandent de vendre du rêve, du voyage et, grâce à nos cueilleurs, nous trouvons des plantes originales. » L’entreprise travaille avec plus d’une centaine de plantes. « Il est évidemment impossible de tout faire en local, nous travaillons aussi avec des producteurs d’ailleurs, pour l’ylang-ylang, qui vient de Madagascar, par exemple, mais le but reste de développer l’approvisionnement le plus près de chez nous. Pour le coût, la qualité et la traçabilité ».

Les projets de développement de l’entreprise sont actuellement tournés vers l’accueil. « Avant, il y avait un jardin botanique devant la distillerie. Il a été abandonné par manque de temps pour s’en occuper. Nous allons en refaire un cette année, avec un coin pour pique-niquer et des activités pour les enfants. Nous avons également racheté sept hectares de terres pour cultiver nous-mêmes une partie des plantes que nous transformons ».

L’agrandissement de la distillerie est aussi en projet, pour permettre de diversifier les activités proposées aux visiteurs « En 2015, nous allons construire un nouveau bâtiment, afin d’améliorer les conditions de travail et d’accueil, précise Stéphane Sallé. Ici, on n’a plus trop de place ! Nous pouvons rendre la distillerie plus attractive, recentrer ce lieu sur la distillation, en développant des activités pédagogiques, un film pour les visiteurs ou des expositions photos ».

Contact. Tél. 04.71.76.13.81 ; courriel : contact@helpac.fr

Lucie Bravo
brioude@centrefrance.com

Jardins Partagés à Brioude.

Source : la montagne du 12/6/13

Les habitants des HLM route de Clermont ont créé un lieu de partage avec le soutien de Déclic

 

Alexandrine Salazar, de Déclic, accompagne deux fois par semaine les apprentis jardiniers. - BRIOUDE Photo Alexandrine Salazar, de Déclic, accompagne deux fois par semaine les apprentis jardiniers. – BRIOUDE Photo
Depuis quatre ans, une dizaine d’habitants du quartier Émile-Zola, à Brioude, se retrouve régulièrement autour d’un jardin partagé. Ce week-end, ils organisent la fête du jardin, ouverte à tous.

Cueillir les fraises, désherber les haricots, planter les courgettes, préparer des sirops ou redonner un coup de neuf à Kayasse l’épouvantail : depuis quelques jours, les jardiniers amateurs du quartier Émile-Zola sont en pleine effervescence, afin de préparer au mieux l’accueil des visiteurs, ce samedi.

« On remplit
des paniers
et on se vide
la tête ! »

Pouss’Kayasse est un projet original qui a vu le jour en mars 2010. Différent des jardins familiaux, il a la particularité d’être un lieu de rencontre plutôt que de production.

« Le jardin partagé est un outil qui a pour objectif de créer des liens avant tout, pas de faire de la production, insiste Alexandrine Salazar, référente des jardins à l’association Déclic. Le terme de jardin partagé est vraiment important, c’est un partage de terrain, mais aussi d’idées ».

Le projet est né des habitants des HLM de la route de Clermont, à Brioude. L’envie d’avoir un lieu extérieur, pour jardiner, mais surtout pour se balader, se détendre et se rencontrer. Avec le soutien du centre d’animation de la vie sociale Déclic, et grâce à la générosité du propriétaire du terrain, Jean-Denis Chalier, la prairie, située derrière le magasin Centrakor, a progressivement changé d’aspect et abrite désormais un espace vert et accueillant. Où l’on trouve un cabanon pour ranger le matériel, un épouvantail pour éloigner les oiseaux, un panneau pour expliquer le fonctionnement du compost et des petits carrés où se mêlent légumes, fleurs et plantes sauvages.

En toute simplicité, les apprentis jardiniers expérimentent différentes techniques de culture : paillage, compostage, synergie entre les plantes… « Ça permet beaucoup d’échanges ! s’exclame Alexandrine Salazar. C’est une vie de quartier en dehors du quartier ! Ça se passe très bien avec les voisins du jardin, qui nous donnent des plants ou des cerises pour les enfants ». La devise des habitants qui occupent le terrain est claire : « On remplit des paniers, et on se vide la tête ! ».

« C’est un terrain de 1.700 mâ, en pente, avec beaucoup de cailloux et pas de puits : ça demande donc un réel investissement ». Le manque d’eau est le principal problème des jardiniers, malgré l’aide de la mairie, qui remplit occasionnellement les deux tonnes à eau situées sur le terrain.

Le jardin sert également de support à d’autres activités, en lien avec le jardinage. « Les activités de Déclic sont toutes liées entre elles, affirme Alexandrine Salazar. Une partie des jardiniers a assisté à la conférence de Martin de Framont, à l’Université pour tous, sur les jardins du Moyen-Âge, et nous sommes en train d’organiser une sortie au Jardin pour la Terre, à Arlanc, cet automne ».

Accès. Quartier Émile-Zola, derrière le magasin Centrakor de Brioude, à gauche après le transformateur.

Lucie Bravo

L’association Chanvre d’Auvergne valorise l’utilisation du chanvre pour l’habitat et l’alimentation

source :  La montagne du 24/03/14

 

Ann Richard transforme les graines de chanvre. - Photo Nicolas Ruiz Ann Richard transforme les graines de chanvre. – Photo Nicolas Ruiz
L’association Chanvre d’Auvergne œuvre depuis plusieurs années pour réimplanter le chanvre dans la région et revaloriser son utilisation tant dans la construction que dans l’alimentation.

Il y a quelques centaines d’années, le chanvre était une culture bien présente en Auvergne, avec près de 400 tonnes cultivées par an. L’arrivée des fibres synthétiques au milieu du siècle dernier a provoqué le déclin, puis la disparition de la culture.

« L’association a été créée par des gens faisant passer leurs convictions avant la rentabilité »

Utilisé à la fois dans le domaine du textile, du bâtiment et de l’alimentaire, le chanvre est une plante qui revient progressivement dans les champs auvergnats, en partie grâce aux efforts faits par l’association Chanvre d’Auvergne, créée en 2008, dont l’objectif est de réintroduire sa culture et son utilisation.

Aujourd’hui, une vingtaine de producteurs cultivent du chanvre en Auvergne, « La culture du chanvre est intéressante pour les rotations de cultures, explique Jean-Paul Rigaud, agriculteur installé à Saint-Beauzire. Ça permet de rompre la prolifération d’adventices et de structurer le sol. »

Depuis trois ans, cet éleveur de moutons et de vaches s’essaie à la culture du chanvre, par intérêt et conviction écologique. « Le problème, c’est qu’on manque de recul par rapport à cette culture, il faut être très réactif, confie-t-il. On n’est pas encore suffisamment bien équipés. »

« L’association Chanvre d’Auvergne a été créée par des gens convaincus, faisant passer leurs convictions environnementales avant la rentabilité. Les clients cherchent le produit le plus naturel possible, que ce soit pour la construction, pour la permaculture ou pour l’isolation. Ce qui me préoccupe, c’est qu’une partie des producteurs emploient pesticides, herbicides et nitrates. Ils cultivent le chanvre comme le maïs ! » s’exclame le producteur. « Il ne faut pas se moquer des clients… ».

« Le problème du chanvre, c’est qu’on ne peut pas le mélanger n’importe comment, raconte Patrick Vallat, maçon à Vieille-Brioude et formateur de l’association nationale Construire en chanvre. Depuis trois ou quatre ans, on peut l’utiliser dans le béton de chanvre, mais pas encore pour les enduits. »

Tant au niveau national que local, la demande en chanvre est en hausse. « Il y a une demande et on essaie de la provoquer, souligne Patrick Vallat. On est en train de créer une dynamique autour du chanvre. Depuis la création de l’association, ça a drôlement bien avancé ! »

« La culture du chanvre
est à part du reste »Ann Richard, membre active de l’association, s’est lancée dans la transformation des graines via l’association Chanvre à part. « La culture du chanvre est à part du reste ! ». Elle raconte être venue à la transformation du chanvre « par un concours de circonstances et une recherche de diversification ». Tournée vers l’autosuffisance, c’est tout naturellement qu’elle s’est rapprochée du monde agricole.

Très impliquée dans l’association Chanvre d’Auvergne, elle suit de près le développement de la culture dans le département et rachète les graines aux producteurs. « La récolte des graines permet de sauver un peu les meubles si la tige du chanvre n’est pas assez grosse. »

Elle propose de l’huile à usage alimentaire ou cosmétique qu’elle extrait des graines, ainsi que des savons et de la farine. « C’est une production très spécifique et peu connue, explique la transformatrice. Je suis un peu bloquée entre la vente directe qui ne se fait qu’aux connaisseurs et les professionnels qui demandent de grosses quantités que je ne peux pas fournir… ».

Contact. Site Internet : http:\\chanvreauvergne.e-monsite.com

Lucie Bravo
brioude@centrefrance.com

 

Depuis un an, Marian Duvert fait pousser des légumes bio sur la commune de Beaumont

 

Marian a choisi de pratiquer l’agriculture biologique, par conviction personnelle, et parce qu’il a constaté les méfaits de l’agriculture conventionnelle. - BRIOUDE Photo

Marian a choisi de pratiquer l’agriculture biologique, par conviction personnelle, et parce qu’il a constaté les méfaits de l’agriculture conventionnelle. – BRIOUDE Photo

Marian Duvert cultive des légumes sur les terres de Beaumont avec plaisir et passion depuis un an. Les aléas climatiques, loin de le décourager, le poussent au contraire à approfondir ses connaissances.

Après plusieurs années de voyages et de rencontres, l’idée de s’installer en agriculture germe dans l’esprit de Marian Duvert. En 2011, il saisit l’opportunité de suivre une période de test d’un an. Il s’installe officiellement en janvier 2013, à côté du village de Beaumont, sur des terres qu’il loue à Christian Baissat, producteur voisin de poulets, lentilles et farine.

« Produire
et nourrir les gens
de façon saine »
« Je suis petit-fils d’agriculteurs, j’avais peut-être ça dans mes racines ! » sourit le jeune homme, avant d’ajouter que ce qui l’a amené à se lancer dans le maraîchage, « c’est avant tout les rencontres, les voyages et un choix de vie ». « C’est plus global qu’un métier, vivre dans un milieu naturel, faire un boulot qui a du sens, produire et nourrir les gens de façon saine. »

En février 2012, le local où il stocke ses légumes est réduit en cendres suite à un incendie. « Ça fait partie des claques que j’ai reçues. Sur le coup, c’est dur ! Il y a aussi les coups de vents qui emportent les serres. Les gelées tardives ou précoces, et on voit tous les efforts partir en fumée… »

Résolu à travailler en étroite collaboration avec la nature, le maraîcher est déterminé à favoriser la vie de ses terres. Il affirme qu’il « trouve passionnant de chercher à comprendre la nature et d’interagir avec elle » et souligne que « l’avantage du maraîchage, c’est la diversité de cultures, on n’a pas tous nos ‘ufs dans le même panier ! »

Pour ne pas concurrencer ses collègues déjà installés sur le secteur de Brioude, Marian a tourné sa commercialisation vers l’ouest de la Haute-Loire et le Cantal. Il propose des ventes de paniers de légumes à Beaulieu, à Blesle et à Massiac et fait le marché de Saint-Flour. « Le contact avec le client, je trouve ça super-intéressant. Ça permet un retour direct sur ce qui plaît, sur ce qui plaît moins. C’est souvent très gratifiant et hyperencourageant ! » s’enthousiasme le maraîcher, convaincu par la vente en circuits courts.

Il avoue cependant que le maraîchage est un métier « très prenant toute l’année » et que « c’est important de réussir à sortir la tête du guidon, à prendre des vacances et à passer du temps en famille. »

« Les pas nés de la dernière pluie… »Son entreprise, « Les paniers de la dernière pluie », laisse la porte ouverte à celui ou celle qui voudrait se greffer au projet. Car Marian reste « persuadé qu’on peut vivre plus nombreux sur cette parcelle. »

Contact. « Les paniers de la dernière pluie », tél. 06.81.83.03.05

 

29 Janv 2014 :Lucie Bravo

Source:  La Montagne / auteur : Carole Eon-Groslier / date publication : 22 jan 2014

Porté par cinq éleveurs, un atelier de découpe et de transformation a ouvert, hier, rue Guynemer

Lu 630 fois

Pascal Rouy, Jacqueline Gibelin, Émilien Piroux, Monique Brun-Bellut et Serge Douix - Carole Eon-Groslier Pascal Rouy, Jacqueline Gibelin, Émilien Piroux, Monique Brun-Bellut et Serge Douix – Carole Eon-Groslier
Un atelier de découpe et de transformation de viandes bio a discrètement ouvert ses portes, hier, à Brioude. Une naissance qui ravit ses cinq parents, tous producteurs locaux.

Hier matin, le bâtiment boisé situé rue Guynemer s’est timidement éveillé. Derrière les portes d’un ensemble réfrigéré de 450 mâ, Jacqueline Gibelin, Monique Brun-Bellut, Serge Douix, Pascal Rouy et Émilien Piroux effectuaient leurs premiers pas brivadois, coiffés de charlottes et chaussés de larges bottes blanches. Ces cinq ambassadeurs du bio affichaient un large sourire à l’ouverture de leur atelier de découpe et de transformation de viandes. Une première à Brioude !

Une naissance heureuse portée par des parents aux personnalités panachées. « Il faut bien avouer que l’on parle de cette idée de s’unir depuis plus de dix ans. Les jeunes, Émilien et Pascal, nous ont tirés en avant », confesse la timide Jacqueline Gibelin, 60 ans, spécialisée dans l’élevage de porc à Vézézoux. Un avis partagé par la deuxième féminine de l’équipe, Monique Brun-Bellut, reconnue pour la qualité de ses moutons noirs du Velay. « À 62 ans, c’est une nouvelle expérience de vie qui s’ouvre à nous. On va finir notre carrière en ayant touché à tout. On va enfin pouvoir maîtriser la transformation de nos produits, c’est une sécurité. Même si on est conscient de la surcharge de travail engendrée… »

Côté messieurs, le goût d’une union pratique et efficace comble les papilles. « Jusqu’à aujourd’hui, on galérait tous à aller à droite à gauche, à Saint-Flour, Craponne et dans le Puy-de-Dôme, pour faire découper nos bêtes. Depuis peu, l’abattoir de Brioude propose une prestation de découpe, mais il est surchargé et les options sont limitées », précise Pascal Rouy, le quadra du groupe.

De la fourche
à la fourchette

Si la mutualisation de la découpe a aiguisé les appétits, la valorisation des produits sur place a raflé les suffrages. Serge Douix, le « vieux bio » de l’équipée, savoure le moment. « Jusqu’ici, on nous découpait nos animaux. On n’avait aucune maîtrise des produits, ni de nos revenus. Maintenant, on va pouvoir travailler notre production de la ferme à l’assiette ! Pour moi qui suis dans le métier depuis trente ans, j’arrive à une finalité avec ce système collectif. » Une valeur ajoutée qui a décidé Émilien Piroux, jeune pousse bio de 29 ans, à emboîter le pas. « On va pouvoir valoriser nos recettes et vendre des produits que l’on connaîtra par c’ur puisqu’on les aura réalisés de A à z. Le rapport direct au client est plaisant et c’est un gage de qualité.». Un système gagnant-gagnant pour les éleveurs et les clients que détaille Pascal Rouy. « En travaillant en direct, on supprime les intermédiaires, les marges et les prix sont compétitifs. On peut désormais manger du bio local pas plus cher que le conventionnel » Amateur de bons mots, l’agriculteur d’Azerat laboure les clichés. « La mention bio, ce n’est plus le hippie entouré de ses trois moutons. Ce sont des exploitations de qualité, de la rigueur, de la technicité et un savoir-faire très contrôlé. On est tous unis par un état d’esprit. Le bio est un renouveau, une manière de repenser notre métier ».

Dans six mois, l’atelier de découpe devrait recevoir l’agrément européen qui autorise le traitement de prestations extérieures. Les cinq associés préviennent : « Nous proposerons un service de découpe et de préparation de produits cuisinés à la condition d’élever du bio ». À plus court terme, une salle de présentation des produits et de retrait des colis devrait rapidement accueillir curieux et gourmands.

Pertinente, la SARL des Paysans d’Auvergne a été soutenue à hauteur de 200.000 € (sur un total de 600.000) par des aides régionales, départementales et européennes. À moyen terme, elle devrait recruter un boucher, un traiteur, un administratif et créer des emplois agricoles. Pour les plus anciens, c’est la promesse de pouvoir transmettre une exploitation valorisée et un savoir-faire légué sur place.

Carole Eon-Groslier

 

Erwan et Lillyan ont fait le choix de se consacrer à la transformation des fruits en Auvergne

Lu 288 fois

Le local de transformation d’Erwan et Lyllian Lidouren est de mieux en mieux équipé pour gagner du temps. - BRIOUDE Photo Le local de transformation d’Erwan et Lyllian Lidouren est de mieux en mieux équipé pour gagner du temps. – BRIOUDE Photo
Lillyan et Erwan Lidouren ont installé leur entreprise à Villeneuve-d’Allier. Depuis 2008, ils y transforment des fruits issus de l’agriculture biologique en confitures, coulis et compotes.

Erwan Lidouren a suivi des études d’ingénieur, spécialisées dans la valorisation des productions agricole. Intéressé par le bio depuis toujours, son parcours l’amène à lier passion et travail en transformant et en commercialisant des produits issus de l’agriculture biologique.

« Le monde
agricole est trop
complexe à gérer ! »Son projet initial – partir rejoindre un bureau d’étude d’impact des projets de développement au Niger – est annulé, car il contracte le paludisme dès son premier voyage en Afrique. Ce qui le décide à regagner la Bretagne et à s’orienter vers un nouveau projet.

En novembre 2007, il entend parler d’un atelier de transformation de fruits issus de l’agriculture biologique à céder dans le Gard. « J’ai réfléchi toute la nuit et, le matin, je quittais la Bretagne. Quatre mois après, j’avais les clés du local de Villeneuve et je commençais le déménagement de l’atelier. »

Le choix de Villeneuve-d’Allier s’est fait naturellement. Erwan y était passé au hasard de rencontres et avait gardé une image « bien chouette » de cette vallée. « Il n’y a pas la mer, mais, plus on part, plus on se rend compte que c’est joli quand on revient ! » s’amuse-t-il avant d’ajouter : « J’ai délocalisé l’atelier, mais pas dans les Pays de l’Est ! »

Installés à Villeneuve, le couple et ses deux enfants ont été contraints de quitter leur maison pour se rapprocher de Brioude, en raison du manque de services de proximité dans la vallée. « Pas de crèche pour les enfants. Pas de médecin proche. On est encore en période d’investissement, alors, si tout ce qui nous reste part dans le gasoil… » déplore le jeune homme. Le local de transformation, lui, est toujours à Villeneuve.

Erwan et Lillyan ne produisent pas leurs fruits. « Le monde agricole, avec les aléas de la production, la difficulté d’acquérir du foncier et le climat imprévisible, c’est trop complexe à gérer ! » avoue l’artisan. Ils sont cependant résolus à transformer des fruits locaux, cultivés en Auvergne, au moins pour ce qui est des pommes et de la rhubarbe. « J’aimerais bien pouvoir proposer une compote 100 % auvergnate ! »

La spécialité 2014 :
« la castagnette » !Depuis 2008, la gamme s’est étoffée. Aujourd’hui, le Mas de l’Armandine propose une trentaine de confitures aux parfums différents. La spécialité 2014 : « la castagnette », pâte à tartiner de châtaigne et de noisette !

La commercialisation se fait localement, par le biais de plateformes qui redistribuent aux collectivités. « J’ai choisi de me consacrer à la transformation. La commercialisation, via des petits magasins, me prend trop de temps ! Et puis, je ne veux pas marcher sur les plates-bandes des producteurs qui travaillent localement. »

Dès que leur cadet sera plus autonome, ils se rendront à nouveau sur les foires bio de Haute-Loire. « J’aime bien les foires. Les gens peuvent goûter et on a un retour direct des clients », sourit l’artisan.

Quant au choix du nom, « Le Mas de L’Armandine » provient de l’ancienne habitante du mas des prédécesseurs d’Erwan, dans le Gard. « La vieille Armandine était la figure locale de la région ! Une vieille célibataire assez « grande gueule » ! » Les confituriers envisagent de créer une nouvelle marque, « Les délices de la Ribeyre », inspirée du nom de la vallée de l’Allier.

Accès. Route de Condros, à droite, à la sortie de Villeneuve-d’Allier ; m ail : lemasdelarmandine@gmail.com

Lucie Bravo
brioude@centrefrance.com

la montagne : 13/11/2013

En lien avec des éleveurs locaux, Christelle Jeannet innove en renouant avec la tradition lainière

 

Grâce aux brebis de races locales, Christelle Jeannet propose toute une gamme de laines aux couleurs naturelles. - G?raldine Sell?s

Grâce aux brebis de races locales, Christelle Jeannet propose toute une gamme de laines aux couleurs naturelles. – G?raldine Sell?s

Les circuits courts ne concernent pas que la nourriture. La preuve, La Montagne part cette semaine à la rencontre de Christelle Jeannet, qui produit une laine 100 % locale.

Lainière, c’est le nom qu’elle a dû inventer pour sa profession. Ou plus exactement réinventer. Car la démarche de Christelle Jeannet est pour le moins originale. Son métier se situe entre celui des négociants, qui brassent des tonnes de laines et celui des experts lainiers, qui évaluent la qualité de la laine.

Amener les éleveurs à prendre conscience de la valeur
du « produit laine ».

La jeune femme a entrepris, depuis trois ans, de collecter et de transformer en écheveaux la laine des deux races emblématiques de la Haute-Loire : la noire du Velay et la bizet. Christelle Jeannet dispose ainsi d’un joli camaïeu de teintes naturelles, du noir au beige clair, en passant par le marron. « Ces laines de couleur ont toujours été dévalorisées. Mais c’est justement pour leur couleur qu’elles m’intéressent », s’exclame-t-elle.

Alors que l’industrie lainière française périclite, la jeune femme a choisi, contre vents et marées, de travailler uniquement avec la filière locale. Elle achète les toisons des élevages ovins de Haute-Loire. La laine brute est ensuite lavée à grande eau pour être débarrassée de son suint (*) dans une des dernières unités de lavage de l’hexagone, située à Saugues. Une proximité qui tient de l’aubaine pour celle qui a fait le choix du circuit court. Direction ensuite la Creuse pour l’étape du cardage et du filage.

« On a encore les équipements pour travailler la laine en France, mais c’est très fragile. Tout repose sur les deux seules unités de lavage, à Saugues et Souvigny, dans l’Allier », analyse Christelle Jeannet. Si le Massif Central est si bien représenté dans ce qui subsiste de la filière française, c’est qu’il a existé pendant longtemps une activité lainière liée à l’élevage ovin.

Aujourd’hui, les éleveurs ont complètement laissé tomber la production de laine. La vente des toisons ne couvre même plus les frais de tonte. « Dans les formations agricoles, on ne parle plus de la laine, constate la jeune femme. Il y a un gros travail à faire avec les éleveurs. J’essaye de trouver avec eux comment améliorer la qualité de la laine sans baisser les conditions d’élevage. » La lainière le martèle à l’envi, on peut sélectionner des brebis pour leur laine sans dommage pour la production de viande. L’objectif de la jeune femme est d’amener les éleveurs à prendre conscience de la valeur du « produit laine ». « Sur les chantiers de tonte, ils me voient travailler. Certains commencent à trier eux-mêmes. » Ces connaissances sur le tri des toisons, Christelle les partage volontiers. Elle rêve de voir un jour les éleveurs lui apporter la laine en toison, preuve que son action aura porté ses fruits.

Si la production de laine issue des noires du Velay reste encore confidentielle, Christelle Jeannet est optimiste pour l’avenir. Selon elle, il existe une « demande pour des produits de qualité et locaux » qui concerne la laine tout autant que l’alimentation.

(*) Le suint est la graisse secrétée par le mouton.

Géraldine Sellès

 

 

article Presse : la montagne du 5/11/2013

Éleveurs bio, Valérie Merle et Christophe Laurent font le pari de la qualité et du fait maison

http://www.lamontagne.fr/photoSRC/bqViVeldaWelbKxCPNWs_pusXXdNGltxXD4uu1iw_sR0IkLcazbGupnwlQUaVQo_pWI48f0HY_sxYvETMFwM2diAkJo-_/1335865.jpeg

Dans leur ferme du Mont, à Jax, Valérie Merle et Christophe Laurent pratiquent l’élevage bio. Pour leurs produits, viande, œufs et salaisons maison, ils ont fait le choix du circuit court.

Quand Valérie Merle et Christophe Laurent se sont installés dans une ancienne ferme, à l’entrée du hameau du Mont, tout était à (re) faire. Mais rien n’effraye ces passionnés, qui assument complètement de n’être pas issus d’une famille d’agriculteurs. Valérie Merle a suivi une formation agricole au lycée de Bonnefont, mais, comme elle l’explique, « nous n’étions pas nombreux, il y a dix ans, à être intéressés par le bio. Nous avons eu la chance de rencontrer les bonnes personnes, qui étaient compétentes dans leur domaine ».

L’AMAP, un moyen pour aider
à se constituer
une clientèle

Avec seulement deux hectares au départ, ils commencent par élever des poules. Très vite, ils décident de ne pas mettre tous leurs ‘ufs dans le même panier et diversifient leur production. Aujourd’hui, dans la ferme rénovée en auto-construction, brebis, poulets et cochons grandissent en plein air. Sur l’exploitation, Valérie et Christophe cherchent à fonctionner le plus possible en autonomie. Dans la bergerie, les murs sont isolés par… la laine provenant de la tonte des moutons.

Pour le couple, le circuit court s’est imposé comme une évidence. « Pour ne pas avoir à dépendre des cours, explique Valérie. Je ne voulais pas qu’on nous impose un tarif. »

Autre avantage de la vente directe : le contact avec les clients. Sur le marché de Langeac, chaque semaine, Christophe prend le temps de répondre aux questions des acheteurs. Et certains viennent même faire une petite visite à la ferme, pour constater de leurs yeux comment sont élevés les animaux. « Ils sont intéressés de voir comment ça marche », constate Valérie, qui voit d’un très bon ‘il cette attitude de « consomm’acteur ».

Quand on se lance dans la vente directe de ses produits, il est impératif de trouver rapidement des débouchés commerciaux. Pour Valérie et Christophe, c’est l’AMAP de Langeac qui a joué le rôle de facilitateur. « Le fait d’avoir un contrat sur trois ou six mois permet d’avoir une avance de trésorerie. Et puis, on sait que la production est réservée. » Cette sécurité leur a permis d’avancer avec sérénité. Et quand, au bout de quelques années, ils ont réussi à se constituer leur clientèle, ils ont trouvé naturel de quitter l’AMAP langeadoise. « Il faut savoir laisser la place à d’autres qui s’installent », conclut Valérie.

Géraldine Sellès

article de presse : la montagne du 30 octobre 2013

 

Monique Brun-Bellut travaille d’arrache-pied à valoriser sa production d’agneaux noirs du Velay

Sur son exploitation d’Oussoulx, Monique Brun-Bellut est seul maître à bord. Loin de l’angoisser, cela l’enthousiasme. - G?raldine Sell?s

Rien n’arrête Monique Brun-Bellut, éleveuse à Couteuges. Pour valoriser sa production, elle parie sur la transformation des produits et la vente directe.

Entourée de ses brebis et de sa chienne Dixie, Monique Brun-Bellut se sent bien. Entre l’éleveuse et ses animaux existe une belle entente. Malgré le vent qui souffle ce jour-là, « un vent fou, qui casse tout », il règne sur la ferme d’Oussoulx une impression de sérénité.

« Aujourd’hui, on n’est plus la « femme de ». C’est normal et c’est très bien ! »

Le troupeau est composé de deux cents noires du Velay. Une race locale, à la belle laine sombre, que l’éleveuse a choisi avant tout pour la qualité de sa viande. Prendre le virage du bio s’est imposé à elle comme une évidence. « Je ne me voyais pas donner d’ensilage à mes brebis, confie-t-elle. L’idée du bio me plaisait. En conventionnel, on est toujours tenté d’intensifier. À toujours vouloir agrandir, on court après sa vie ! » Et la course en avant, ce n’est pas la tasse de thé de cette jeune agricultrice de quelque cinquante printemps…

Car Monique Brun-Bellut n’est installée à son compte que depuis 2000. Elle qui a longtemps été conjointe d’agriculteur revendique haut et fort cette liberté conquise sur les préjugés. « Je suis drôlement fière quand je vois des femmes qui s’installent. Aujourd’hui, on est plus la « femme de ». C’est normal et c’est très bien ! »

Et quand on lui demande si ce n’est pas trop dur de travailler seule, elle secoue la tête en riant. « C’était mon but ! Comme ça, si je rate quelque chose, c’est à moi de rectifier. Je n’ai pas de compte à rendre… »

Autre motif de satisfaction pour l’éleveuse, c’est l’atelier de découpe et de transformation bio qui devrait voir le jour courant novembre à Brioude. Monique Brun-Bellut en est un des fondateurs, et le projet l’enthousiasme à plusieurs titres. D’abord, à titre personnel, car cet atelier va lui permettre d’atteindre l’objectif qu’elle s’est fixé : commercialiser la totalité de ses agneaux en circuit court. Pour l’instant, seul un cinquième de sa production est vendu en direct.

Grâce à l’atelier bio, Monique imagine déjà les produits qu’elle va pouvoir proposer à ses clients. Merguez, saucisse sèche, coppa d’agneau ou ragoût, autant de façon de valoriser la viande savoureuse des noires du Velay, et d’attirer une autre clientèle que celle qui commande la viande fraîche en caissette.

L’atelier est aussi, pour Monique Brun-Bellut, un moyen d’aider les jeunes éleveurs qui démarrent dans le bio. « J’ai bien conscience que la transformation va représenter un très gros travail, mais je persiste », s’exclame l’éleveuse, qui songe à prendre sa retraite une fois que l’atelier aura trouvé son rythme de croisière.

« Je vais finir en apothéose », s’amuse-t-elle en regardant le chemin qu’elle a accompli depuis son installation. En attendant, elle aimerait pouvoir transmettre son exploitation à un jeune agriculteur qui soit dans la même démarche qu’elle. Pour que tout ce qu’elle a bâti perdure. Et que l’agriculture paysanne puisse continuer à exister dans le Brivadois.

Géraldine Sellès

 

article de la montagne du 16 octobre 2013

Les maraîchers Jérémie et Émilie Chazal pratiquent le circuit court sous toutes ses formes

Tous les vendredis, dans la boutique associative qui jouxte leur ferme, Émilie et Jérémie Chazal parlent légumes et qualité avec leurs clients. - GÃ?©raldine SellÃ?¨s

Tous les vendredis, dans la boutique associative qui jouxte leur ferme, Émilie et Jérémie Chazal parlent légumes et qualité avec leurs clients.

De la route, on aperçoit d’abord les grandes serres. Puis un panneau à l’entrée d’un chemin, qui indique la présence d’une boutique. Une boutique en rase campagne ? C’est le pari qu’ont fait Jérémie et Émilie Chazal en s’installant en maraîchage bio dans une ferme de « La Baraque », à Frugières-le-Pin, il y a trois ans.

« L’idée de fond,
c’est de développer la demande
pour le bio »

Pour le couple, le choix de vendre leur production sans intermédiaire s’est imposé comme une évidence. « Dans le maraîchage, soit tu plonges dans l’industrie, soit, si tu as peu de moyens humains, la meilleure solution, ça reste la vente directe », résume Émilie Chazal.

Un maraîcher qui veut écouler ses légumes, produits fragiles et périssables s’il en est, se tourne fort logiquement vers les étals du marché. « Mais quand on est arrivés, il y avait déjà trois maraîchers bio au marché de Brioude », raconte Jérémie. Hors de question, pour eux, de faire concurrence à ceux qui sont déjà installés. « On ne voulait pas casser le marché des autres. Ici, il y a de la demande pour le bio, mais elle n’est pas si énorme que ce qu’on pourrait croire. Notre idée de fond, c’est de développer cette demande », assure Émilie. Sans attendre, ils montent dès la première année un magasin associatif

Pour les Chazal, il est important que les clients puissent conserver une liberté d’achat. C’est pour cela qu’ils ont choisi de ne pas intégrer une AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne). Au système du contrat qui lie le client au producteur, ils ont préféré celui de paniers libres, à commander sur Internet et qu’ils livrent chaque semaine à Clermont-Ferrand et La Chaise-Dieu. Préférant ne pas mettre tous leurs légumes dans le même panier, ils travaillent aussi avec des restaurateurs. « Certains viennent parfois se promener dans les rangées du jardin, pour s’inspirer des légumes du moment », sourit Émilie.

Jamais à court d’idées pour valoriser leur production, les maraîchers ont construit cet été un laboratoire pour réaliser des conserves. À partir de leurs légumes, ils confectionneront des soupes, des coulis de tomates et de la pâte de piment. Le bâtiment, ils l’ont bâti de leurs mains. « En auto-construction et en autofinancement », précise Émilie. La liberté et l’autonomie, toujours…

Géraldine Sellès

 

Article la la  Montagne du 9/10/13

Dans son jardin de Cohade, Frédéric Nesme vit au plus près du rythme de la nature

Lors de ses livraisons hebdomadaires aux AMAP de Brioude, Frédéric Nesmeprend le temps de présenter les légumes qu’il met dans son panier. - G?raldine Sell?s

nstallé depuis cinq ans en maraîchage à Largelier, Frédéric Nesme se félicite chaque jour d’avoir une clientèle fidèle et solidaire.

Si on cherche Frédéric Nesme, il y a de fortes chances de le trouver affairé sur sa parcelle de Largelier, à Cohade. En ce début d’automne qui a encore des parfums d’été, le travail ne manque pas pour le jeune maraîcher. Seul à la tâche, parfois accompagné d’un stagiaire du centre de formation des apprentis (CFA) de Bonnefont, il s’occupe de ses 8.500 mètres carrés de légumes. Un travail de titan. « Au printemps et en été, je fais des horaires de folie. Surtout à la période des plants et des asperges. »

Pour ce qui est des mois à venir, c’est plutôt le manque d’activité qui l’inquiète. « D’habitude, j’arrête la production au mois d’avril. Cette année, ça risque de se terminer au mois de décembre. » Au terme d’une saison de maraîchage plus que difficile, l’hiver s’annonce compliqué. Heureusement, le producteur sait qu’il peut compter sur ses clients.

« Pour faire
du bon bio, il faut
toucher la terre »

La vente directe au consommateur, Frédéric Nesme ne fait que ça. Installé depuis cinq ans, le jeune agriculteur avait commencé par travailler avec un supermarché bio, mais il a mis fin à l’expérience au bout de deux ans. « Quand on est une toute petite structure, on valorise bien mieux nos produits en direct. Le système de vente à un intermédiaire est adapté à de plus gros producteurs. »

Sur le marché de Brioude, Frédéric Nesme a réussi à se constituer une clientèle fidèle. « Quand ils râlent un peu sur le prix, je leur explique qu’aujourd’hui, le navet est plus cher qu’hier à cause de la météo, ou parce qu’il y a eu un problème. Ils sont très tolérants et soutiennent vraiment les jeunes. »

Mais le plus gros de sa production se vend par le biais des AMAP. Chaque semaine, il compose des paniers de légumes qui varient en fonction de la saison et les amène au point de livraison pour les remettre en mains propres à des clients qui s’engagent avec lui sur la durée. Ce système lui assure une rentrée financière sur laquelle il peut compter. Il fait partie des AMAP de Brioude et, depuis quelque temps, de celle d’Aubière. « Ça représente 150 kg de légumes en plus par semaine. Si je n’avais pas eu cette AMAP, j’aurais peut-être arrêté… »

La solidarité que Frédéric Nesme trouve dans le système des AMAP (lire par ailleurs) contribue à lui remonter le moral, les jours où il a l’impression d’être seul… La solitude dans le travail, Frédéric Nesme y est habitué. Il confie même apprécier le fait de travailler en solo. « C’est juste que, parfois, quand on est fatigué, on aurait besoin d’avoir quelqu’un pour trouver du courage. »

Mais s’il y a des moments de doute, le jeune maraîcher ne perd pas son indéboulonnable sourire. Car il aime son métier et ne regrette pas son choix. « Une fois qu’on a les mains dans la terre, c’est dur d’en sortir, assure-t-il. La terre, c’est une drogue… »

Jardinier plus que paysan

Il n’aime pas qu’on le qualifie d’« agriculteur », un terme qu’il a l’impression de ne pas mériter assez. « Je ne me sens pas particulièrement paysan. La preuve, je peux partir en vacances. Je me sens plus horticulteur, ou jardinier. D’ailleurs, ici, c’est un grand jardin », conclut-il avec modestie. Un grand jardin, qui nourrit quand même plus de cinquante familles…

Pour Frédéric Nesme, le choix du bio s’est fait comme une évidence. « C’est le plus naturel, explique-t-il. Je travaille tout à la main. Pour faire du bon bio, il faut toucher la terre », explique-t-il. Le tout manuel lui demande certes du temps, mais il n’envisage pas son travail autrement. Et si, un jour, il devait s’agrandir, il aimerait passer à la traction animale. À la rigueur, il pourrait acheter un tracteur. Mais ce serait sa seule concession à la mécanisation. « Il y a peu d’investissements à faire dans le maraîchage. C’est très différent de l’élevage, par exemple. » Cette absence d’endettement, Frédéric Nesme la vit comme une liberté.

S’il qualifie son métier de « dur et très technique », il refuse de le considérer comme une servitude. Proche des rythmes saisonniers pour ses légumes, il considère aussi que l’humain doit le rester lui aussi. « Le plus naturel, quand il fait – 20 °C, c’est quand même de se reposer… »

Géraldine Sellès

 

Article la Montagne du 2/10/13

Depuis quarante ans, l’éleveur Serge Douix agit pour une agriculture durable

Serge Douix élève des bovins de race limousine, mais aussi des aubrac, comme le taureau, qui est un peu la mascotte de la ferme. - G?raldine Sell?s

Chaque semaine, La Montagne part à la rencontre d’un producteur local, qui pratique la vente directe au consommateur. Aujourd’hui, Serge Douix, éleveur bovin à Grenier-Montgon.

Serge Douix est un pionnier. Un militant, aussi. Derrière le sourire et la gentillesse de cet éleveur du pays bleslois se cache une volonté de fer et une détermination sans faille.

Depuis toujours – c’est-à-dire depuis 1974, date à laquelle il s’est installé – Serge Douix pratique l’élevage bovin selon les méthodes de l’agriculture biologique. « J’ai démarré dans le bio avec la méthode Lemaire-Boucher, explique celui qui se définit comme « un paysan-chercheur ». J’ai suivi des cours par correspondance sur la méthode, rencontré des techniciens. Ça m’a ouvert les yeux sur le fait que l’agriculture se fourvoyait en voulant produire à n’importe quel prix. »

D’abord installé en GAEC avec son père et son frère dans la ferme familiale de Blesle, il acquiert en 1983 une ferme au c’ur du petit village de Montgon, qu’il tient avec Danielle, sa femme. « Je voulais faire ma vie au pays. Pour ça, il fallait trouver un moyen de commercialisation différent de là où nous emmenait l’agriculture conventionnelle. »

« Le monde agricole ne se soucie pas assez de l’après-production »

Dès le départ, la vente directe du producteur au consommateur s’impose donc à lui comme une évidence. D’abord comme une façon de valoriser la qualité de ses produits. « Au tout début, je faisais des génisses grasses que le boucher du coin m’achetait, mais sans les valoriser en bio. »

Il commence donc à proposer des caissettes de veau sous la mère, qu’il vend directement à une clientèle locale. Puis, au tournant des années 2000, il fait partie de l’aventure de la boucherie des éleveurs bio du Puy-en-Velay. Un système souple pour les consommateurs, qui peuvent acheter leur viande au détail. Ici, pas d’intermédiaires. La boucherie marche bien, mais pour des raisons d’ordre juridique qui lui restent encore coincées en travers de la gorge, l’expérience prend fin en 2007.

Comme il n’est pas du genre à baisser les bras, il tire les leçons de cet échec et se remet à réfléchir. Ainsi naît le projet d’atelier de découpe dédié aux éleveurs bio, sur le point d’aboutir (lire par ailleurs).

Pour Serge Douix, le monde agricole ne se soucie pas suffisamment de l’après-production. « Nous ne sommes pas formés pour ça », analyse-t-il. Mais le manque de formation initiale ne l’empêche pas d’apprendre et de construire des projets en groupe. Car travailler en réseau avec ses collègues paysans est pour lui une nécessité. Économique, bien entendu, mais aussi humaine. « Nous faisons un métier qui n’est pas facile. Aujourd’hui, le lien qui existait entre nous et les autres catégories de la société n’existe plus. »

Trois ans pour un b’uf

Si la question du bien-être humain est au c’ur des préoccupations de l’agriculteur, celui des animaux tient aussi une grande place. Dans sa ferme, les vaches ne sont pas inséminées, les veaux ne sont pas élevés au lait en poudre. Et les b’ufs qu’il vend sont de vrais b’ufs, pas des vaches de réforme. Quant au taureau, baptisé Abricot, il vit à la ferme depuis près de sept ans. Mais hors de question de l’envoyer à l’abattoir. « Il est trop gentil », raconte l’éleveur, tout en grattouillant le dos de l’impressionnante boule de muscles qui se laisse faire avec délices.

« J’essaie de faire des animaux frugaux, explique Serge Douix. Je leur laisse le temps de se développer, avec une alimentation normale. » Ici, le régime des bovins est composé d’herbe et d’un mélange de céréales et de légumineuses cultivé sur l’exploitation. Ni maïs, ni soja importé. « Cela demande un tiers de temps de plus que l’agriculture conventionnelle pour obtenir le même poids de viande. » À ce compte, il faut trois ans pour qu’un b’uf soit prêt…

Quand il se retourne sur ses débuts, l’éleveur reconnaît que le parcours n’a pas été simple. « Dans les années 70 et 80, on était ringards ! Aujourd’hui, on est devenus la référence. » Mais Serge Douix n’est pas revanchard. Au contraire, il souhaite que le bio continue à essaimer. Et quand il pense à la retraite, « qui n’est pas si loin », il espère bien qu’un jeune viendra reprendre sa ferme pour poursuivre cette belle aventure.

Géraldine Sellès

 

Avec Christian Baissat, du Poulet Bio dans le Brivadois c’est possible!

article de la montagne du 19/3/2013.

poulet1_bio_Baissat_c