Monique Brun-Bellut travaille d’arrache-pied à valoriser sa production d’agneaux noirs du Velay

Source : La Montagne – 30 octobre 2013

Sur son exploitation d’Oussoulx, Monique Brun-Bellut est seul maître à bord. Loin de l’angoisser, cela l’enthousiasme. - G?raldine Sell?s

Rien n’arrête Monique Brun-Bellut, éleveuse à Couteuges. Pour valoriser sa production, elle parie sur la transformation des produits et la vente directe.

Entourée de ses brebis et de sa chienne Dixie, Monique Brun-Bellut se sent bien. Entre l’éleveuse et ses animaux existe une belle entente. Malgré le vent qui souffle ce jour-là, « un vent fou, qui casse tout », il règne sur la ferme d’Oussoulx une impression de sérénité.

« Aujourd’hui, on n’est plus la « femme de ». C’est normal et c’est très bien ! »

Le troupeau est composé de deux cents noires du Velay. Une race locale, à la belle laine sombre, que l’éleveuse a choisi avant tout pour la qualité de sa viande. Prendre le virage du bio s’est imposé à elle comme une évidence. « Je ne me voyais pas donner d’ensilage à mes brebis, confie-t-elle. L’idée du bio me plaisait. En conventionnel, on est toujours tenté d’intensifier. À toujours vouloir agrandir, on court après sa vie ! » Et la course en avant, ce n’est pas la tasse de thé de cette jeune agricultrice de quelque cinquante printemps…

Car Monique Brun-Bellut n’est installée à son compte que depuis 2000. Elle qui a longtemps été conjointe d’agriculteur revendique haut et fort cette liberté conquise sur les préjugés. « Je suis drôlement fière quand je vois des femmes qui s’installent. Aujourd’hui, on est plus la « femme de ». C’est normal et c’est très bien ! »

Et quand on lui demande si ce n’est pas trop dur de travailler seule, elle secoue la tête en riant. « C’était mon but ! Comme ça, si je rate quelque chose, c’est à moi de rectifier. Je n’ai pas de compte à rendre… »

Autre motif de satisfaction pour l’éleveuse, c’est l’atelier de découpe et de transformation bio qui devrait voir le jour courant novembre à Brioude. Monique Brun-Bellut en est un des fondateurs, et le projet l’enthousiasme à plusieurs titres. D’abord, à titre personnel, car cet atelier va lui permettre d’atteindre l’objectif qu’elle s’est fixé : commercialiser la totalité de ses agneaux en circuit court. Pour l’instant, seul un cinquième de sa production est vendu en direct.

Grâce à l’atelier bio, Monique imagine déjà les produits qu’elle va pouvoir proposer à ses clients. Merguez, saucisse sèche, coppa d’agneau ou ragoût, autant de façon de valoriser la viande savoureuse des noires du Velay, et d’attirer une autre clientèle que celle qui commande la viande fraîche en caissette.

L’atelier est aussi, pour Monique Brun-Bellut, un moyen d’aider les jeunes éleveurs qui démarrent dans le bio. « J’ai bien conscience que la transformation va représenter un très gros travail, mais je persiste », s’exclame l’éleveuse, qui songe à prendre sa retraite une fois que l’atelier aura trouvé son rythme de croisière.

« Je vais finir en apothéose », s’amuse-t-elle en regardant le chemin qu’elle a accompli depuis son installation. En attendant, elle aimerait pouvoir transmettre son exploitation à un jeune agriculteur qui soit dans la même démarche qu’elle. Pour que tout ce qu’elle a bâti perdure. Et que l’agriculture paysanne puisse continuer à exister dans le Brivadois.

Géraldine Sellès

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